Sur le Second marché, les vedettes de l'an 2000 sont en difficulté

Longtemps épargné par la correction boursière, le Second marché de la Bourse de Paris semble depuis quelques semaines céder à la déprime. Six séances consécutives de baisse ont renvoyé l'indice de ce marché réservé aux petites valeurs traditionnelles dans le rouge depuis le début de l'année, même si ses pertes (-3,78%) restent sensiblement inférieures à celles du CAC 40 (-13,86%) et a fortiori du Nouveau marché (-33,5%).Cet accès de faiblesse, François de Saint-Pierre, gérant du fonds Objectif Second Marché chez Lazard, l'attribue surtout à la chute libre de plusieurs vedettes de l'année dernière, aujourd'hui plombées par des niveaux de valorisation trop élevés. "Le marché corrige les excès commis sur des valeurs qui ont connu en 2000 des progressions de plus de 100%", constate-t-il. Premier secteur touché, les fabricants d'équipements de loisirs ont multiplié les plongeons au cours des trois dernières semaines. Le spécialiste des camping-cars Trigano et les constructeurs de bateaux de plaisance Bénéteau et Rodriguez Group affichent aujourd'hui des chutes de 30 à 50% par rapport à leurs sommets de l'année. "Malgré cette correction, ces sociétés restent généreusement valorisées", estime toutefois François de Saint-Pierre. Il faut dire que ces actions avaient enregistré en 2000 des gains compris entre 120% pour Trigano et Bénéteau et plus de 300% pour Rodriguez Group.Autre victime de la prudence des investisseurs, le secteur des biens d'équipement ne parvient pas à conserver les gains records accumulés l'année dernière. Pinguely-Haulotte et Manitou, deux vedettes du Second marché en 2000, affichent des reculs respectifs de 26% et de 34% depuis le début de l'année. Le cas de Manitou, dont le cours a été divisé par plus de deux depuis ses sommets de l'année, est toutefois un peu particulier. "La société, dont l'une des branches produit des machines agricoles, est sous pression à cause de craintes de contraction des activités d'élevage en Europe", estime François de Saint-Pierre.Malgré la violence de la correction intervenue sur ces valeurs, le gérant reste confiant sur les perspectives du Second marché. "Le Second marché s'est avant tout caractérisé depuis le début de l'année par une meilleure résistance que le premier marché, et surtout que le Nouveau marché, à la correction boursière. Surtout, je pense que de nombreuses PME françaises cotées au Second marché conservent des niveaux de valorisation très attractifs qui devraient continuer de soutenir l'indice dans les prochains mois".Jean-Noël Roffiae

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