"La distribution peut être considérée comme un secteur défensif"

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La Tribune - Les difficultés de Carrefour à l'étranger remettent-elles en cause sa stratégie d'acquisitions ?Serge Soulié - Pas vraiment. En Argentine, le recul des ventes est directement lié à une situation conjoncturelle difficile. En Espagne les problèmes de logistique et d'informatique induits par la fusion avec Promodès et qui ont provoqué des ruptures de stocks s'estompent.Globalement les difficultés liées à la fusion seront tout à fait résorbées à la fin du semestre, ce qui permettra à Carrefour de reprendre une stratégie offensive en termes de prix pour conforter sa croissance sur ses trois principaux marchés, la France, l'Espagne et la Belgique.Avec une part de marché supérieure à 10% en Europe, je considère que Carrefour a résolu l'essentiel des problèmes de stratégie qui se posent à un distributeur. Le groupe détient désormais la taille et la capacité d'auto-financement nécessaires à son développement à l'international.Quels relais de croissance pour les principaux acteurs de la distribution ?Les marchés d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord sont globalement arrivés à maturité. Dans un tel contexte, deux orientations principales s'offrent aux groupes de distribution : puiser dans les gisements de grande rentabilité de ces marchés, comme l'Italie ou la Belgique, et y réaliser des opérations de croissance externe ou accroître leur croissance organique. C'est la stratégie suivie par Tesco qui multiplie les ouvertures de magasins en Europe de l'Est et en Asie.Peut-on considérer les valeurs de la distribution comme des valeurs refuges ?J'estime que la consommation en Europe reste solide. Si les ventes au détail aux Etats-Unis reculent, le marché européen est encore épargné à l'heure actuelle. De plus, le secteur de la grande distribution devrait être le dernier secteur touché par un éventuel ralentissement économique. Il est donc possible de le considérer comme défensif. A cet égard, je conseille de privilégier les valeurs dont l'exposition aux Etats-Unis est faible comme Carrefour, Casino et dans une moindre mesure Tesco, et de rester à l'écart de groupes allemands comme Metro, la conjoncture outre-Rhin montrant des signes de faiblesse.Propos recueillis par Hélène Mazier.

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