Le Nouveau marché au plus bas depuis 14 mois

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En l'espace d'un an, l'euphorie la plus exubérante a cédé la place à une profonde déprime sur le Nouveau marché de la Bourse de Paris. En février 2000, chaque séance se soldait presque invariablement par un nouveau record pour le marché des valeurs de croissance. Douze mois plus tard, l'indice a totalement effacé son incroyable envolée du début de l'année 2000, plongeant lundi jusqu'à 2.567,61 points en séance, son plus bas niveau depuis décembre 1999. Sept valeurs de la cote accusent aujourd'hui des reculs supérieurs à 90% sur un an.Les petites valeurs technologiques qui composent le NM avaient pourtant connu un spectaculaire retour en grâce pendant le mois de janvier 2001. En l'espace d'un dizaine de séance, l'indice s'était envolé de plus de 20%, repassant temporairement la barre des 3.000 points. Mais l'embellie a été de courte durée. Dans le sillage du Nasdaq - qui a perdu plus de 15% depuis la fin janvier - le NM a de nouveau piqué du nez. La reprise du marché américain des sociétés high-tech reste d'ailleurs la condition sine qua non d'un rebond du NM selon Philippe Perrody, gérant du fonds Soprane Nouveau marché. "Il n'y aucune raison que cesse la corrélation entre Nasdaq et Nouveau marché", estime ce spécialiste.Au-delà de la désaffection généralisée pour les valeurs technologiques, plusieurs stars de la cote ont pesé sur le marché en publiant des résultats très décevants pour l'année écoulée. Le 12 février, l'agence Web Fi System a annoncé un chiffre d'affaires et une marge d'exploitation inférieurs aux prévisions des analystes, et a fortement baissé ses objectifs de croissance pour 2001. En conséquence, le titre Fi System a perdu un tiers de sa valeur en l'espace de trois séances. "Et les déceptions vont se multiplier dans le secteur des agences Web", prévient Stéphane Radiguet, analyste chez Deutsche Bank, qui insiste sur le ralentissement brutal du marché des solutions "Business to Consumer".Autre déception, la fabricant de composants pour terminaux mobiles Wavecom, l'une des plus grosses capitalisations du Nouveau marché, a annoncé mercredi dernier que ses marges s'étaient sévèrement contractées au cours du quatrième trimestre de son exercice. La réponse du marché boursier ne s'est pas fait attendre: resté incotable pendant près de deux jours, le titre a perdu plus de 40% vendredi et de nouveau près de 7% lundi.Dernier en date, l'éditeur de jeux vidéos Cryo Interactive a publié lundi un chiffre d'affaires 2000 inférieur de près de 10% à l'objectif annoncé précédemment. CryoNetworks, sa filiale de jeu "on line" cotée au Nouveau marché, a pour sa part annoncé des revenus inférieurs de 15% aux prévisions avancées lors de son introduction en Bourse. Les titres de ces sociétés sont tous deux réservés à la baisse lundi en fin de séance.Et de nouveaux "profit warnings" sont à craindre "en raison des hypothèses fortes sur lequelles sont basés les modèles économiques des sociétés", estime Philippe Perrody. Le gérant relativise toutefois la morosité actuelle : "ces déceptions ne veulent pas dire qu'il faut rejeter sans distinction toutes les valeurs du NM. Au contraire, elles incitent les investisseurs à une plus grande sélectivité, ce qui constitue un gage de bon fonctionnement pour le marché". Plus que jamais, le "stock picking" est donc de rigueur sur le marché parisien des valeurs de croissance.Jean-Noël Roffiae

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