« Les utilisateurs stoppent la flambée du palladium »

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La Tribune. - Après un plus haut niveau historique au début de l'année, le palladium connaît une forte correction. Quelle est la cause de ce brutal revirement ?Didier Julienne. - Comme lors de chaque fluctuation sensible, beaucoup d'observateurs en cherchent la cause chez le principal exportateur, la Russie. Certaines rumeurs lient les spéculations actuelles au remboursement de la dette du club de Paris, ainsi qu'au rythme des exportations à venir. La demande des utilisateurs est pourtant au centre de l'explication du mouvement car, en moins de dix années d'envol, le cours du palladium a été multiplié par plus de 10. Si la demande a été soutenue par l'automobile (pots catalytiques) et par l'électronique (téléphonie mobile), ces deux grands utilisateurs industriels semblent maintenant s'en détourner. Dans ce contexte, des exportations russes identiques à celles de 2000 se traduiront par une tension nettement moindre sur les prix. Depuis le record de 1.094 dollars, les cours ont déjà dévissé de 23 % (840 dollars le 26 février). C'est sans doute un premier point d'appui. Mais les plus pessimistes estiment que les cours pourraient s'effondrer jusqu'à 650 dollars.A ces niveaux de prix, le palladium rejoindrait ceux du platine ?Effectivement, c'est à peu près ce que cote le platine. Et si le palladium revenait au cours du platine cela gommerait l'écart qui s'est instauré en faveur du palladium depuis le début 1999. Reste à savoir si les cours de ces deux métaux frères, qui se traitaient auparavant au même niveau, recommenceront à évoluer de concert ? Il y a une logique qui plaide pour cette uniformité des fluctuations et des prix car de nombreuses applications sont communes à ces deux métaux.En dehors du platine, quels sont les autres métaux qui répondent ou se rapprochent des propriétés du palladium ? Oui il y en a plusieurs et ses substituts sont différents selon les utilisations. L'industrie automobile tient à sa disposition des alliages à base de platine et de rhodium. Dans la téléphonie mobile, les propriétés du nickel sont suffisantes pour le substituer à de nombreuses applications du palladium. Enfin, les prothésistes dentaires n'ont pas attendu les sommets récents du palladium pour revenir vers des alliages privilégiant l'or, redevenu compétitif.Propos recueillis par Christophe Tricaud

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