"L’euro a tout à gagner de l'entrée de la livre"

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La Tribune. - La campagne électorale au Royaume-Uni a-t-elle renforcé les partisans de l'entrée de la livre dans l'euro ?Jacques Regniez. - Si comme cela semble le plus probable Tony Blair remporte les élections, il va certainement chercher à exploiter la dynamique de sa victoire. Mais l'entrée de la livre dans l'union monétaire européenne n'est pas pour autant acquise. L'expérience montre que les opinions sont peu prévisibles. La très courte majorité accordée par les Français en faveur du traité de Maastricht l'a montré. Le refus par deux fois des électeurs danois l'a confirmé. Quelles conséquences suivraient un report de l'entrée du Royaume-Uni dans la zone euro ?Du point de vue de l'Europe, l'euro a tout à gagner de l'intégration d'un poids lourd européen, pourvu que ce soit une entrée techniquement bien réussie. Si on se place du point de vue britannique, on ne doit pas oublier que malgré l'importance acquise par les services financiers et plus globalement la City, le Royaume-Uni conserve une industrie manufacturière qui souffre manifestement de la faiblesse actuelle de l'euro. L'industrie britannique a donc tout à gagner à une stabilité des relations monétaires avec le reste de l'Europe où se comptent ses principaux débouchés. Pourtant tous ces aspects positifs ne doivent pas occulter la crainte légitime des conservateurs quand ils rappellent la nécessité d'une politique de taux d'intérêt spécifique pour la Grande-Bretagne.En quoi le Royaume-uni a-t-il besoin d'une politique monétaire particulière ?La Grande-Bretagne offre la caractéristique très nette du financement du logement au travers du crédit hypothécaire à long terme à taux variable. La conjoncture économique y est donc très sensible à l'évolution des taux d'intérêt, comme l'ont mises en évidence de nombreuses études économétriques. Souvenons nous seulement de 1992 où la défense de la livre sterling avec des taux de guerre s'est révélée impossible à mettre en œuvre. Le relèvement rapide et ample des taux d'intérêt se fait, dans ce contexte, immédiatement sentir en frappant au portefeuille les ménages qui doivent faire face à l'alourdissement de leurs mensualités hypothécaires.Propos recueillis par Christophe Tricaud

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