Ravi s’en va, Jeff peut respirer

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Ravi Suria est devenu une célébrité à Wall Street avec la publication, le 22 juin 2000, d'une note de 27 pages sur Amazon. Y alternaient les mutiples raisons de rester à l'écart des obligations convertibles émises par le numéro un mondial du commerce électronique et les commentaires assassins sur l'évaluation jugée très optimiste des liquidités du groupe. Conclusion : Amazon « va se retrouver à court de cash d'ici quatre trimestres. »Rompant avec sa légendaire bonne humeur, Jeff Bezos s'est fâché pour dénoncer ce qui n'était selon lui qu'une accumulation de balivernes. Mais l'action Amazon, qui valait un peu plus de 46 dollars le jour de la publication du rapport de Ravi Suria, affichait un cours de 10,80 dollars hier soir à la clôture. Pris dans la tempête du Nasdaq, Amazon a également payé au prix fort les commentaires de l'analyste de Lehman Brothers. Même si son diagnostic ultime est loin d'être avéré - Jeff Bezos assure qu'il terminera l'exercice avec une trésorerie de 900 millions de dollars - Ravi Suria a incontestablement engendré une lecture plus sceptique des performances du groupe de Seattle.C'est la raison pour laquelle les circonstances de son départ suscitent quelques interrogations. Car, il y a six semaines, Ravi a remis ça, avec un nouveau rapport annonçant que les fournisseurs d'Amazon allaient placer le groupe en situation de « credit crunch ». Au troisième trimestre, son passif à court terme sera supérieur à son actif courant, peut-on y lire. Amazon a de nouveau protesté avec véhémence. Voire un peu plus : si l'on en croit le New York Observer, John Doerr, membre de son conseil d'administration et véritable gourou du capital-risque dans la Silicon Valley, est intervenu auprès du président de Lehman Brothers, Richard Fuld, pour demander que le rapport ne soit pas publié.Bien entendu, assure-t-on chez Lehman, le départ de Ravi Suria n'a strictement rien à voir avec Amazon. Bien entendu, l'analyste lui même souligne que son indépendance a toujours été scrupuleusement respectée et encouragée. Bien entendu, Amazon s'est refusé à tout commentaire à l'occasion de son départ.Mardi soir, sur la chaîne de télévision CNBC, Jeff Bezos a une nouvelle fois promis qu'Amazon bouclerait l'année avec les premiers bénéfices de son histoire. Et, cette fois, Ravi Suria ne sera pas là pour gâcher la fête.

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