Des doutes sur la communication d'Altran font plonger le titre

Nouveau plongeon pour Altran Technologies. Déjà maltraitée par le marché dans les semaines passées en raison de rumeurs de faillite, l'action termine ce mercredi en baisse de 45,16% à 2,72 euros. Désormais, sa chute dépasse les 94% sur l'année.C'est un article du Monde, daté de vendredi, qui est à l'origine de cette nouvelle descente aux enfers. Une enquête du quotidien affirme en effet que les chiffres communiqués aux analystes financiers seraient différents des données internes de la société. Des données contradictoiresCe sont en particulier les taux d'activité des collaborateurs de la société qui sont mis en cause par le journal. Les taux affichés sur les documents internes seraient en effet plus faibles que sur les publications destinées au marché. Le quotidien rappelle que le groupe avait fait part aux analystes d'un taux d'inactivité voisin de 5% en 2001 et au premier trimestre 2002, alors que dans un document interne "confidentiel", ce taux aurait varié entre 7,5 et 13,8% en 2001, puis aurait oscillé autour de 15% début 2002.Des révélations qui interviennent alors que les analystes ont déjà été déçus par le discours du groupe sur ce critère. Lors de la présentation des résultats du premier semestre 2002, "peu d'éléments ont été donnés sur l'évolution des activités et le taux d'utilisation des employés demeure sur ses bas niveaux de 85% depuis le deuxième trimestre", souligne BNP Paribas Equities, cité par l'AFP.Pourtant, c'est bien sur l'augmentation de ce taux d'occupation qu'est basé le projet de maintien de la marge opérationnelle du groupe à 13,2% au second semestre, comme le rappelle le bureau d'analystes. "L'objectif du deuxième semestre paraît ambitieux. Il suppose en effet une amélioration de ce taux [d'activité] au quatrième trimestre".Autre point litigieux: la journaliste en charge de l'enquête se demande pourquoi le chiffre d'affaires ne reflète pas la baisse d'activité mise en évidence par les taux d'occupation. Selon "certains cadres", le groupe aurait cédé à "une fuite en avant" pour éviter un avertissement. Il aurait en particulier bénéficié, via des filiales, de lourdes facturations (en fin d'exercice 2001) à Ilyad, société créée par un ancien dirigeant d'Altran et qui ne compte que deux salariés. Un communiqué diffusé dans l'urgenceFace à ces accusations, le groupe n'a pas tardé à réagir. Un communiqué a été publié jeudi en milieu d'après-midi. Sur les taux d'inactivité, il indique que les différences proviennent de modes de calculs distincts. Plus clairement, selon le communiqué, les données fournies au marché font le rapport entre les collaborateurs "facturés" et les collaborateurs "facturables", alors que les documents internes, destinés à motiver les équipes, ne sont pas corrélés au niveau de facturation. Le groupe ne se montre toutefois pas plus précis.En ce qui concerne la société Ilyad, Altran se défend en indiquant qu'elle a acquis, "après plusieurs mois de négociations", une bibliothèque de connaissances utile à son activité. Une activité de veille technologique et de production d'études scientifiques qui "ne nécessite qu'un effectif réduit".Malgré ce communiqué diffusé dans l'urgence, reconquérir la confiance des marchés ne sera sans doute pas une tâche aisée pour Altran. D'abord parce qu'après les scandales financiers qui ont émaillé l'actualité des derniers mois, la Bourse est extrêmement méfiante lorsque l'on évoque la sincérité des comptes des entreprises. Ensuite, parce que le discours du groupe sur sa situation financière, à l'occasion des résultats publiés mardi soir, a déjà donné un premier aperçu de la prudence des investisseurs (voir ci-contre): l'action n'a en effet repris que 3,33% sur la séance de mercredi.

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