DaimlerChrysler ne rassure pas malgré des résultats meilleurs que prévu

Si le discours produit mercredi matin par Nissan a séduit le marché, les annonces faites par DaimlerChrysler en début d'après-midi ont été accueillies avec plus de réserves par les professionnels. C'est ce qui ressort de l'observation des cours de l'action à Francfort. Alors qu'elle était en hausse au cours de la matinée, elle est brusquement passée dans le rouge après la publication des résultats trimestriels. Elle perd 4,13%, à 37,10 euros, en fin de journée.Pourtant, le groupe automobile a affiché un résultat opérationnel bien supérieur à ce que prévoyait le marché. Attendu à 1,27 milliard d'euros en moyenne par le consensus Reuters, il est finalement ressorti à 1,7 milliard d'euros (hors exceptionnels), contre 700 millions d'euros un an plus tôt. Une amélioration "significative malgré un environnement économique difficile", se félicite le groupe. Le résultat net (hors exceptionnels) est quant à lui passé de 300 à 900 millions d'euros.Autre point positif, le constructeur a relevé ses estimations de résultat opérationnel pour l'exercice entier. En juillet, il visait un chiffre plus de trois fois supérieur à celui de 2001, qui était de 1,33 milliard d'euros. Les quelque 4 milliards visés sont désormais oubliés et DaimlerChrysler ambitionne un résultat opérationnel de plus de 5 milliards.Mais, et c'est là que se situe le première déception des professionnels, la révision à la hausse apparaît timide. Ce n'est une surprise pour personne, considère JP Morgan dont l'analyste rappelle que le groupe n'en est qu'à un jet de pierre grâce à ses chiffres du troisième trimestre. On comprend d'ailleurs mieux l'opinion de cet observateur lorsque l'on voit que le résultat opérationnel ressort à 4,7 milliards d'euros sur neuf mois. Quant à la prévision de chiffre d'affaires, elle reste à 150 milliards d'euros, sous entendant un repli de près de 2% sur 2001 et des ventes de 38 milliards d'euros sur le seul quatrième trimestre. Enfin, le groupe a averti que ses obligations en termes de fonds de pensions aux Etats-Unis pourraient être plus pénalisantes que prévu. Comme de nombreux groupes américains, le constructeur propose à ses salariés des fonds "définis", c'est-à-dire avec des versements fixes garantis. Le groupe place donc des fonds et reverse des rentes constantes aux bénéficiaires. L'opération peut être juteuse pour l'entreprise lorsque les marchés s'envolent, mais elle peut aussi être catastrophique quand les Bourses s'effondrent. De nombreuses entreprises en font actuellement les frais et DaimlerChrysler n'y échappe pas. Pour ses fonds, il envisageait, il y a trois mois, un trou de 3,5 à 4 milliards d'euros fin 2002. Désormais, il n'exclut pas que le déficit atteigne 5,5 milliards. Le groupe prévient néanmoins qu'il compte prendre des décisions à ce sujet vers la fin de l'année.

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