EADS serein pour 2002 mais prudent pour la suite

Après avoir analysé les comptes de neuf mois d'exercice, EADS se dit à même de réaliser tous ses objectifs pour 2002. Il faut reconnaître que, dans un environnement qui lui est peu favorable, le groupe parvient à sauver la face, et même à surpasser les attentes des analystes.De fait, EADS a fait part d'un Ebit (proche du résultat d'exploitation) de 1,013 milliard d'euros sur neuf mois. Certes, le chiffre est en baisse de 10% sur un an. Mais le secteur aérien est entré en crise et surtout ce chiffre sous-entend que le groupe a réalisé un Ebit de 238 millions d'euros au seul troisième trimestre. A titre de comparaison, les analystes interrogés par Reuters misaient seulement sur 218 millions d'euros. Du côté du chiffre d'affaires, le groupe a limité le repli de ses recettes à 3%, à 19,996 milliards d'euros. Bref, cela représente des ventes de 6,022 milliards d'euros au troisième trimestre. Un niveau conforme aux attentes des professionnels."Cette performance est le résultat de notre gestion prudente des ressources, du processus continu de réduction des coûts, des effets de synergie liés à l'intégration, et du succès soutenu de nos produits sur le marché", se félicite la société. Plus concrètement, on relèvera que, malgré les difficultés rencontrées par le secteur aéronautique, c'est encore Airbus qui a tiré les résultats avec un Ebit de 1,072 milliard d'euros.En outre, Airbus a enregistré 150 nouvelles commandes depuis le début de l'année. Ce qui permet de maintenir le carnet de commandes d'EADS a un niveau élevé: 177 milliards d'euros, contre 183 milliards en décembre. Bref, le groupe voit son proche avenir avec sérénité et pense qu'il devrait aisément atteindre en 2002 un chiffre d'affaires voisin de 30 milliards d'euros et un Ebit de 1,4 milliard d'euros.En revanche, le groupe européen se montre plus réservé sur les années suivantes. "Depuis ces derniers mois, EADS a constaté un fléchissement notable des perspectives économiques mondiales en terme de croissance du produit intérieur brut (PIB), et notamment un revirement de la reprise du trafic aérien. La crise que traverse actuellement le secteur aérospatial commercial risque vraisemblablement de s'aggraver compte tenu de la persistance des pertes des compagnies aériennes américaines et de la surcapacité industrielle dans le domaine spatial", indique le communiqué. Dès lors, si l'objectif d'une marge d'Ebit de 10% n'est pas abandonné, il ne devrait plus être atteint en 2004. "EADS réaffirme que l'entreprise est capable de réaliser une marge opérationnelle à deux chiffres, mais ne compte y parvenir qu'à un stade ultérieur au vu des circonstances actuelles", conclut le groupe.Après avoir perdu plus de 3% en matinée, l'action est parvenu à passer dans le vert en cours de séance. Il est vrai que la prudence du groupe sur le moyen terme n'a pas vraiment surpris. Car, depuis plusieurs mois, les analystes s'attendent à ce que le secteur aéronautique reste dans une situation tendue dans les prochaines années. Par ailleurs, les investisseurs saluaient certainement le nouveau contrat obtenu par Airbus. L'avionneur a signé un contrat avec KLM portant sur six appareils, confirmant ainsi une intention de commande annoncée en juillet.Mais le titre est revenu dans le rouge au cours de l'après-midi, pour terminer en baisse de 1,82% à 10,79 euros, lorsque le groupe a averti qu'il ne prévoyait pas de retour à la rentabilité pour sa division espace en 2003.

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