L'automobile connaît des ratés en Bourse

Ca ne tourne pas rond pour l'automobile, qui depuis deux jours recule en Bourse sous le poids d'études pessimistes de la part de grands brokers, visant en particulier les constructeurs américains.Dans une note, Morgan Stanley a ainsi revu à la baisse ses perspectives de résultats 2002 concernant Ford, General Motors et DaimlerChrysler. La révision est de 3% pour le Germano-américain, de 7,4% pour GM et de 18,2% pour Ford. L'intermédiaire se veut aussi prudent pour l'an prochain puisqu'il a reconsidéré à la baisse sa prévision de production automobile américaine. Il attend désormais une contraction de 2,7%.Mardi, Crédit Suisse First Boston avait également fait part de ses inquiétudes concernant ces trois mêmes groupes. Du coup, CSFB est passé de "surpondérer" à "pondération de marché". Le bureau d'analyse émet plus particulièrement des doutes sur Ford, en particulier sur la rentabilité de ses marques de luxe que sont Land Rover, Jaguar et Volvo.En réaction, Ford a plongé de 8,8% mardi et perd encore 8,52% ce mercredi deux heures après l'ouverture de Wall Street. GM ajoute 5,18% aux 6,35% perdus la veille. Quand à DaimlerChrysler, le titre a lâché 4,87% mardi et cède 4,84% à 31,25 euros mercredi soir à Francfort.Mais les géants d'outre-Atlantique ne sont pas les seuls à subir les foudres des investisseurs. Les constructeurs du Vieux continent ne sont guère mieux lotis, comme en témoigne l'indice DJ Stoxx du secteur qui plie de près de 5% mercredi en fin d'après-midi. Parmi les valeurs emblématiques, BMW abandonne près de 3% à 30,12 euros et Volkswagen plus de 5,5% à 33,20 euros.Il faut dire qu'en Europe les nouvelles ne sont pas plus en mesure de soutenir les cours qu'aux Etats-Unis. Les ventes de septembre ont notamment laissé un goût mitigé. En France, elles ont certes affiché une progression symbolique de 0,2% mais, à jours ouvrables comparables, elles se sont tassées de 4,6%; et sutout, elles restent en retrait sur les neufs premiers mois de l'année. Même tendance en Allemagne, où le rebond de septembre ne doit pas masquer le repli constaté sur les neuf premiers mois et ne doit pas faire oublier qu'il a essentiellement profité des incitations financières proposées par les constructeurs à leurs clients.Du côté des constructeurs, l'actualité n'est guère plus réjouissante. Confronté à un marché allemand en difficultés, la filiale de GM, Opel, a indiqué ne pas prévoir de retour à la rentabilité avant 2004. Quant à la situation de Fiat, qui dévisse encore de 5% après l'annonce de son plan de restructuration (voir ci-contre), elle semble toujours critique.En comparaison, la position des groupes hexagonaux peut sembler confortable. Néanmoins, en Bourse, ils reculent également. Renault abandonne pratiquement 12% depuis deux séances, alors qu'il était auparavant le seul groupe du CAC 40 en hausse sur l'année. Outre le fait que Nissan a été pénalisé par la grève des dockers américains, la société aurait pâti d'une rumeur selon laquelle l'Etat pourrait céder une partie des 25,9% qu'il détient encore dans le constructeur. Une rumeur qui, au cours actuels, n'est "plus fondée", selon Fideuram-Wargny.Enfin, bien que n'ayant pas d'actualité particulière, Peugeot n'échappe pas au mouvement en reculant de 7,9% depuis deux jours. Il est vrai que le discours de Morgan Stanley est en mesure de créer une certaine agitation dans le secteur. Car l'intermédiaire craint "la prise de distance des consommateurs et la possibilité de voir les ventes comme la production d'automobile soit stagner, soit baisser en 2003". Le cas échéant, "la croissance des résultats" dans l'automobile devrait être "plus dépendante des performances individuelles de chacune des entreprises". Bref, d'après Morgan Stanley, les investisseurs devront opérer une sélection encore plus drastique qu'aujourd'hui. Sur ce point, JP Morgan se veut même plus précis en affirmant être moins séduit par Peugeot que par la concurrence dans une optique de un à deux ans.

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