Les Pays-Bas contraignent Dexia à lancer un avertissement

Les problèmes de Dexia aux Pays-Bas ne sont pas une nouveauté. En septembre, Pierre Richard, le président de la banque franco-belge, indiquait lui-même qu'il subsistait des incertitudes liées aux marchés boursiers, notamment à Amsterdam, ayant "une influence sur les résultats de Dexia". Plusieurs analystes considéraient d'ailleurs qu'après les résultats plutôt décevants du premier semestre Dexia ne pourrait faire l'économie de nouvelles provisions sur ce dossier néerlandais.Et ce que craignaient les observateurs est finalement arrivé. L'établissement financier a annoncé qu'il attendait pour 2002 un résultat en baisse de 10% en raison des problèmes rencontrés par sa filiale néerlandaise. A titre de rappel, en juin il parlait toujours d'une croissance bénéficiaire de 12% jusqu'en 2006, et en septembre il visait encore la stabilité par rapport à 2001, année où il a dégagé un bénéfice de 1,4 milliard d'euros.En outre, Dexia indique que son résultat du troisième trimestre sera "en baisse notable par rapport à celui du trimestre précédent" ressorti à 383 millions d'euros.La principale raison de cet ajustement est l'activité de prêt aux particuliers néerlandais pour des achats de titres (Legio Lease). En période de flambée boursière, chacun y trouve son compte. Mais avec le plongeon des marchés, inutile de dire que certains investisseurs se sont retrouvés démunis. Alors qu'ils pensaient rembourser leur emprunt avec leurs titres, ils accumulent aujourd'hui des dettes supérieures à la valeur de leurs actions. Les incidents de recouvrement qui en découlent ont déjà contraint Dexia Bank Nederland à enregistrer 48 millions d'euros de provisions pour le premier semestre (voir ci-contre). Aujourd'hui, "dans le souci de préserver autant que possible la qualité des relations commerciales, Dexia Bank Nederland étudie la possibilité d'offrir individuellement aux clients un réaménagement de leurs contrats", annonce la banque. Ce qui ne sera pas sans conséquence financière.Dexia ne donne pas encore le montant précis des charges qui devraient affecter sa filiale (provisions et dépréciation). Mais elles pourraient être assez élevées. D'autant que la banque prévoit une scission en deux de ses activités aux Pays-Bas. "L'une sera centrée sur les activités grand public et opérera sous l'enseigne Dexia Bank Nederland. L'autre sera spécialisée dans la gestion d'actifs, le conseil et courtage d'actions, et ré-adoptera la marque Kempen & Co", précise le communiqué. Dexia justifie sa décision par le fait que les produits financiers grand public et la gestion d'actifs doivent "affronter des défis (...) de nature différente". Et surtout, Dexia craint que la mauvaise publicité faite au prêt d'actions ne s'étende au reste du groupe. "La mauvaise image actuelle des produits de leasing d'actions est de nature à pénaliser les métiers de gestion d'actifs et de courtage et conseil", ajoute la publication.En Bourse, l'avertissement attendu de la société entraîne une chute de l'action de 7,27%, à 9,69 euros, dans un marché en hausse. Elle porte ainsi ses pertes annuelles à plus de 40%. "Dexia a définitivement perdu son statut de valeur défensive, c'est depuis quelques mois chose acquise", conclut une note d'Aurel-Leven.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.