Chirac réélu avec 81,8 à 82,5% des voix

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Jacques Chirac a été réélu président de la République avec 81,8 à 82,5% des suffrages, contre 17,5 à 18,2% à Jean-Marie Le Pen, selon les estimations publiées à 20 heures par les trois principaux instituts de sondage d'opinion. Le chef de l'Etat sortant obtient 81,8% des suffrages selon les estimations de CSA pour France 3, France Info, Paris Match et Orange. Le score de Jacques Chirac atteindrait 82,3% selon IPSOS pour Vizzavi/France 2/Le Figaro/Europe 1/Le Point. Enfin, la SOFRES, pour TF1, RTL et Le Monde, estime que 82,5% des suffrages se sont portés sur Jacques Chirac.Selon une totalisation nationale établie vers 22h30 par le ministère de l'Intérieur, sur 85% des électeurs inscrits, Jacques Chirac obtient 81,86% des suffrages exprimés, contre 18,14% à Jean-Marie Le Pen. Le taux d'abstention atteint 19,02% et les votes blancs ou nuls, au nombre de 1,6 million, représentent 6% du total des bulletins déposés dans les urnes, soit 4,51% des inscrits. Le ministère souligne que Jacques Chirac a franchi la barre symbolique de la majorité absolue des électeurs inscrits, une première dans l'histoire du suffrage universel en France.Le taux d'abstention à ce second tour aurait atteint 20,6% selon IPSOS, 18% selon l'institut CSA et 19% selon la SOFRES. A 17 heures, selon les chiffres officiels publiés par le ministère de l'Intérieur, la participation atteignait 67,6%, soit neuf points de plus qu'au premier tour. Le 21 avril, le taux d'abstention définitif avait été de 28,4% et il était de 20,3% au second tour de la présidentielle de 1995, contre 15,98% en 1988 et 14,14% en 1981. "Un gouvernement de mission" - Dans une allocution prononcée à 20h20 à son QG de campagne parisien, Jacques Chirac, 69 ans et premier président élu pour cinq ans, a tenu à "remercier la France", estimant qu'elle avait été "fidèle à elle-même" en réaffirmant "son attachement aux valeurs de la République". S'affirmant "président de tous les Français", il a assuré, comme au soir du premier tour, avoir "entendu" et "compris" l'appel des électeurs "pour que la République vive, pour que la nation se rassemble". Le chef de l'Etat a promis de nommer dans les prochains jours un "gouvernement de mission" qui "aura pour seule tâche de répondre à vos préoccupations et d'apporter des solutions à des problèmes qui ont été trop longtemps négligés. Son premier devoir sera de rétablir l'autorité de l'Etat pour répondre à l'exigence de sécurité, et de mettre la France sur un nouveau chemin de croissance et d'emploi" (lire ci-contre le texte intégral de sa déclaration)."Une victoire équivoque" - Pour sa part, Jean-Marie Le Pen avait auparavant dénoncé "une victoire équivoque, acquise à la méthode soviétique". A ses yeux, la réélection de Jacques Chirac est "une défaite cuisante de l'espérance française". "Nous nous retrouverons aux législatives", a-t-il assuré. Pour lui, le Front National est désormais "la première force politique de la République française". Selon les estimations, Jean-Marie Le Pen aurait obtenu environ 5,9 millions de voix, soit environ 500.000 de plus que le score des deux candidats d'extrême-droite au premier tour (4,8 millions pour Jean-Marie Le Pen, 667.000 pour Bruno Mégret). "La reconquête est en marche", a poursuivi Jean-Marie Le Pen, 74 ans, qui a annoncé à ses partisans qu'il ne serait pas candidat aux élections législatives, mais qu'il "conduirait la bataille" pour son parti. Au MNR, Bruno Mégret, seul candidat éliminé au premier tour à avoir appelé à voter Le Pen au second, s'est dit "prêt à assurer l'après-Le Pen", après la défaite de ce dernier."Rien n'est joué" - Dans les états-majors des grands partis de droite et de gauche, au-delà de la satisfaction générale concernant la mobilisation des électeurs pour la défense des valeurs républicaines, les premières réactions montrent que la campagne des élections législatives a bel et bien déjà commencé. Le RPR Nicolas Sarkozy, l'un des favoris pour succéder à Lionel Jospin à Matignon, a souligné que "la cohabitation c'est la confusion", ajoutant qu'"il faut que les Français donnent une majorité d'action au président qu'ils ont choisi". Au Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn a estimé que "rien n'est joué, rien n'est fait" avant les élections législatives. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances a estimé qu'"il ne faut pas que l'élection législative qui vient devant nous soit confisquée. Les Français n'ont pas le choix qu'entre le RPR et le RPR. Les Français ont le choix de leur orientation politique. Et comme le dit la Constitution, c'est le gouvernement qui détermine et qui conduit la politique de la Nation". Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a pour sa part appelé au rassemblement de la gauche, "condition du succès" à ses yeux pour les législatives. Le PS doit adopter mardi son programme pour les législatives, tout en poursuivant les négociations avec les autres partis de gauche sur les investitures.A gauche, la plupart des intervenants soulignent que le score obtenu par Jacques Chirac doit d'abord être interprêté comme un vote de rejet de l'extrême-droite et d'adhésion aux valeurs républicaines. Et beaucoup n'ont pas attendu la fin de la soirée électorale pour relancer les attaques contre le chef de l'Etat. Pour le socialiste Martin Malvy, la fonction présidentielle sort "lessivée de cette campagne et de ce scrutin" et Jean-Pierre Chevènement, ex-candidat à l'Elysée du Pôle républicain, souligne que le vote de ce dimanche n'est "pas un plébiscite" pour Jacques Chirac. Une interprétation que semble confirmer un sondage réalisé par IPSOS : 49% des personnes interrogés disent faire confiance à Jacques Chirac "pour faire face aux principaux problèmes qui se posent à la France", tandis que 48% disent ne pas lui faire confiance. Selon un sondage SOFRES réalisé jeudi et vendredi, la droite l'emporterait aux élections législatives avec 271 à 331, contre 232 à 272 sièges pour la gauche, l'extrême-droite n'emportant qu'un à trois sièges. La majorité absolue à l'Assemblée nationale est de 289 sièges. En voix, la droite parlementaire obtiendrait 37% au second tour le 16 juin, la gauche (y compris les Verts) 41%, selon ce sondage pour TF1, RTL et Le Monde. L'extrême-droite obtiendrait 16% des suffrages exprimés.

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