Triste mois de juillet pour l'industrie française

La faible visibilité qui caractérise la situation économique actuelle trouve sa traduction dans l'évolution de la production manufacturière. Depuis le mois d'avril, cette statistique, importante pour connaître l'état de santé de l'industrie française, alterne hausses et baisses. Après le rebond du mois de juin (+0,3%), juillet marque une rechute avec une forte baisse de 1%. Sur un an, la production manufacturière (production industrielle hors énergie et agroalimentaire) affiche un recul de 1,3%. Elle est revenue à son niveau du début de l'année. La production industrielle, pour sa part, a elle aussi reculé de 1% en juillet.Ces chiffres ne vont sûrement pas rassurer tous ceux qui s'inquiètent du phénomène d'essoufflement de la croissance observé notamment en Allemagne (principal partenaire commercial de la France) et aux Etats-Unis (locomotive de la croissance mondiale). Hier, les chiffres de la production industrielle aux Etats-Unis (lire article ci-contre) ont été inférieurs aux attentes.En France, hormis le secteur de la construction, toutes les branches d'activités ont souffert en juillet. C'est notamment vrai pour les biens de consommation et l'industrie automobile qui enregistrent chacun une baisse de 1,5% ainsi que pour les biens d'équipement dont le recul est moindre (-0,3%) . L'affaissement de ces composantes est assez inquiétant en raison de ce qu'il peut révéler du comportement des consommateurs. Ces derniers, par leurs achats, constituent le soutien principal de la croissance en France. Une défection de leur part, et c'est le moteur hexagonal qui pourrait connaître de sérieux ratés. Cette hypothèse est d'ailleurs prise en compte par l'Insee qui a annoncé il y a quelques semaines son intention de revoir à la baisse sa prévision de croissance de 1,4% pour la France en 2002.Ces mauvais chiffres traduisent le doute qui s'est emparé des industriels français depuis quelques mois. Dans un contexte incertain, marqué notamment la fragilité de la reprise aux Etats-Unis et le risque d'un conflit avec l'Irak, les entreprises font le dos rond et reportent à plus tard investissements et embauches. Cet attentisme alimente à son tour le pessimisme des ménages, ce qui ne permet pas de parier sur une embellie rapide de la conjoncture économique.

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