Compromis favorable à la France sur les déficits

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Finalement, on a assisté cette nuit à Madrid à l'épilogue de la longue confrontation entre la France et ses partenaires européens sur le déficit budgétaire. Après six heures de discussions au sein du conseil des ministres de l'Economie (Ecofin), un accord a été trouvé. L'ensemble des pays membres a confirmé l'engagement de revenir à l'équilibre budgétaire en 2004. Mais, la France ne sera assujettie à cette obligation que si la croissance atteint 3% en 2003 et en 2004, ce qui est loin d'être acquis.L'accord de Madrid est donc une bouffée d'oxygène bienvenue pour le nouveau gouvernement français, qui va ainsi pouvoir satisfaire certaines promesses électorales comme la baisse de 5% de l'impôt sur le revenu ou les dépenses de sécurité sans songer à l'épée de Damoclès européenne. Francis Mer a ainsi, à peine sorti de l'Ecofin, rappelé que l'ensemble des promesses de Jacques Chirac seraient honorées. La France n'a cependant pas échappé à un rappel à l'ordre. Le texte final de l'Ecofin appelle ainsi le gouvernement hexagonal à "s'assurer que le déficit budgétaire ne dépassera pas 3% du PIB en 2002". Pour l'an prochain, l'Union européenne exige de la France qu'elle "réduise suffisamment ses déficits en 2003 de façon à garantir une situation proche de l'équilibre en 2004". Enfin, il est demandé à la France de "réduire à moyen terme ses dépenses publiques" et de mener une "politique de vastes réformes structurelles pour augmenter son potentiel de croissance". Une petite leçon qui, somme toute, ne devrait pas déplaire au gouvernement Raffarin puisqu'il constitue une bonne part de son programme économique. D'après Reuters, cet accord a fait l'objet d'âpres discussions entre Paris et Berlin. Le ministre allemand des Finances Hans Eichel a en effet repoussé catégoriquement l'idée d'un changement de date pour le retour à l'équilibre budgétaire comme le proposait la France. S'il a accepté de "renvoyer l'ascenseur" à la France, il a refusé de donner à Paris plus de marges de manoeuvre que l'Allemagne n'en avait obtenues en décembre dernier. le ministre allemand s'est néanmoins déclaré "satisfait" de l'accord de Madrid. Il a même défendu le compromis en rappelant "qu'une politique budgétaire qui ne serait pas liée aux anticipations de croissance économiques" est intenable. L'autre pôle d'opposition venait des petits pays "vertueux" de l'Union qui n'acceptaient pas que les grandes économies européennes ne se soumettent pas aux mêmes obligations qu'eux. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Calude Juncker l'avait rappelé hier. Il semblerait donc que leur ligne dure ait été abandonnée. Reste à savoir à quel prix...

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