La détérioration du marché de l'emploi se poursuit

L'atonie de l'activité économique en Europe, la crise boursière, la faiblesse de la reprise aux Etats-Unis, aucun de ces facteurs ne plaidait en faveur d'une amélioration du marché de l'emploi en France. Et de fait, la dégradation attendue est bien au rendez-vous. En juillet, la France a enregistré 11.800 chômeurs de plus qu'en juin (+0,5%), portant le nombre total des demandeurs d'emplois dans la deuxième économie de la zone euro à 2.273.900. Le taux de chômage se maintient à 9,0% de la population active. Sur un an, la progression du chômage est très nette : +7,9%. Marc Touati, chef économiste de Natexis Banques Populaires, juge cette hausse particulièrement "décevante". "Il s'agit effectivement du cinquième mois consécutif de progression du chômage et, si l'on omet la légère baisse de février 2002, cela fait désormais quatorze mois que le nombre de chômeurs s'accroît". Et Marc Touati de conclure, "à l'évidence, pour noircir une rentrée déjà plutôt sombre, on ne fait pas mieux".A l'exception des chômeurs de très longue durée (personnes inscrites à l'ANPE depuis plus de trois ans), toutes les catégories de demandeurs d'emplois souffrent de la dégradation du marché du travail. C'est particulièrement vrai pour les jeunes de moins de 25 ans. Après une pause lors du trimestre précédent, le chômage de cette catégorie connait une nouvelle accélération avec une hausse de 1,5% en juillet et 11,5% sur un an. Comme en juin, la hausse du chômage en juillet s'explique surtout par une réticence grandissante des entreprises à embaucher. Les incertitudes économiques incitent les entreprises à reporter leurs programmes d'embauche et les CDD (contrats à durée déterminé) arrivant à leur terme ne sont pas renouvelés. Si les inscriptions au chômage liées à un licenciement économique ont reculé en juillet, elles ont en revanche augmenté de 5,6% pour celles liées à la fin d'un CDD et de 19,8% pour les premières entrées à l'ANPE.Le durcissement des conditions économiques dans la zone euro et plus largement la morosité de la conjoncture mondiale n'incitent pas à imaginer une inversion rapide de la tendance. Au contraire, de nombreuses sociétés ont annoncé ces dernières semaines qu'elles cessaient leurs activités, des plans sociaux sont "dans les tuyaux" et par conséquent les licenciements économiques pourraient à leur tour progresser dans les mois qui viennent, conduisant à une dégradation accrue du marché de l'emploi en France. latribune.f

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