La schizophrénie du Cref

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En effet, s'il veut que son plan de sauvetage se transforme en succès, le Cref doit réussir deux paris totalement opposés. Faire tout d'abord partir un maximum de gens et en recruter ensuite encore davantage. Rappel des faits. Afin de se mettre en conformité avec les directives sur l'assurance, le Cref doit provisionner intégralement ses engagements sur vingt cinq ans. En fait, il doit trouver pas moins d'1,5 milliard d'euros. Après des discussions nourries avec les mutuelles de fonctionnaires, le monde de l'éducation et les autorités de contrôles, une solution a été trouvée. Les adhérents ont ainsi eu la mauvaise surprise d'apprendre que leur régime a été coupé en deux et transféré à une nouvelle structure. Au passage, la plupart d'entre eux voient leurs droits baisser, eux qui ont déjà eu du mal à digérer une baisse de 17% de leur pension en octobre 2000. Mais qu'à cela ne tienne. La porte est ouverte, pour ceux qui n'acceptent pas ces nouvelles conditions. Toutefois, ils se voient imposer de très fortes pénalités. La fenêtre de départ était jusqu'au 15 septembre dernier. Et c'est là tout le paradoxe. Plus le Cref enregistre des départs et plus ses engagements se réduisent. Il a donc infiniment moins à provisionner. Dans l'idéal, et selon des calculs internes, le régime pourrait, avec 120.000 départs, récupérer près de 1,5 milliards d'euros de provisions techniques, soit ce qui est exigé pour répondre aux nouvelles normes européennes. Il n'est pas très loin du but, puisqu'il a répertorié 70.000 démissions. Mais ces turbulences ont écorné la confiance dans le régime et accentué les inquiétudes. Les adhérents commencent à s'organiser autour d'associations de défense. Ces dernières sont prêtes à en découdre et leurs avocats peaufinent des actions en justice. Ce qui ne laisse pas présager un retour au calme. Or, c'est dans ces conditions que les gestionnaires du Cref doivent à présent convaincre de nouveaux clients d'adhérer au régime. Car, pour continuer à exister, il n'a pas d'autre choix que de regonfler ses troupes.

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