Les forces en présence s'organisent à l'Assemblée nationale

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La nouvelle Assemblée nationale s'organise. Trois jours après le second tour des élections législatives, le Palais Bourbon a retrouvé son frémissement coutumier pour l'élection des présidents de groupe. En début d'après-midi, trois présidences étaient déjà connues.A l'UMP, il n'y aura pas réellement eu de suspense. L'ancien ministre des Affaires sociales, le député de Haute-Loire Jacques Barrot, a été élu par 292 voix sur 300. Hier, les "pointures" du parti présidentiel avaient donné leur soutien à ce centriste historique longtemps réputé proche de Valéry Giscard d'Estaing. Elu, Jacques Barrot a considéré que sa "tâche est rude", car "les anciens cloisonnements faisaient qu'il y avait parfois de l'ignorance des uns et des autres". Mais il s'agit, selon lui, d'une "grande aventure". Le nouveau président du groupe UMP n'aura pas tardé à définir les lignes du comportement de la nouvelle majorité. "Si on veut vraiment que le gouvernement réponde aux aspirations des Français, nos députés auront un rôle à jouer", a-t-il précisé avant d'affirmer que l'UMP n'avait nullement un "esprit de domination". "Nous ne referons pas l'erreur de ces cinq dernières années, celle de ne pas écouter l'opposition", a-t-il affirmé enfin.Du côté de l'opposition justement, la guerre des chefs n'a pas eu lieu au PS, comme on pouvait s'y attendre. Hier, le ton était monté lorsque Laurent Fabius, candidat au poste de président du groupe, avait demandé à François Hollande de choisir entre lui et l'ancien président Jean-Marc Ayrault. Finalement, ce matin, l'ancien ministre de l'Economie et des Finances a reculé et s'est retiré de la course. Jean-Marc Ayrault a donc facilement été élu président du groupe PS par 85 voix contre 35 au député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg et 16 blancs. Une fois élu, le député-maire de Nantes s'est voulu rassembleur, se disant persuadé que Laurent Fabius jouera un "grand rôle" dans l'avenir du PS et assurant qu'Arnaud Montebourg y avait "toute sa place". Il a souhaité que le groupe soit un "espace de liberté", laissant une place aux "talents" de chacun. Enfin, il a appelé le PS à former une "opposition de proposition" qui "aura un travail pédagogique" à réaliser auprès des Français. Le candidat malheureux, Arnaud Montebourg, s'est félicité de son score qui, pour lui, n'est qu'une première étape dans sa "remise en cause des éléphants du PS". Il a également demandé que le PS entre dans une "opposition au système institutionnel actuel". Enfin, le troisième groupe, en termes de membres, de l'Assemblée, le groupe UDF, a également élu son président. Le député de l'Eure Hervé Morin a été élu avec 16 voix contre 12 à la secrétaire générale du mouvement Anne-Marie Idrac. Le président de l'UDF, François Bayrou, s'est réjoui de cette élection qui, selon lui, prouve "qu'il y a une désignation démocratique". Le député des Pyrénées-Atlantiques a indiqué qu'il avait refusé d'être candidat ou de prendre position parce qu'il ne souhaitait pas "faire comme l'UMP, désigner quelqu'un et bloquer le système". Un ou deux autres groupes devraient encore voir le jour à l'Assemblée. Les communistes, avec leurs 21 élus, devraient rapidement former le leur. Ce sera plus délicat pour les Verts et les radicaux qui peinent à atteindre les 20 membres requis pour la formation d'un groupe. Actuellement, en regroupant les divers gauche et certains élus des DOM-TOM, le groupe Vert-radicaux n'atteindrait que 16 membres. Certains évoquent la possibilité d'une fusion avec les communistes, mais Verts comme radicaux craignent d'être alors phagocytés par la majorité communiste, tandis que le PCF redoute de perdre une tribune au sein d'un groupe type "RCV". Les discussions risquent donc d'être longues et il n'est pas exclu que les trois élus Verts siègent un temps sur le banc des non-inscrits.

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