François Fillon confirme son refus d'un coup de pouce au Smic

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Le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a confirmé ce matin que le gouvernement ne compte pas octroyer un "coup de pouce" au Smic. Recevant les partenaires sociaux, il leur a proposé une augmentation de 2,4%, correspondant au minimum légal. Une position conforme à celle annoncé vendredi dernier par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. La décision définitive sera prise au prochain conseil des ministres. En revanche, le ministre des Affaires sociales a affirmé vouloir donner un "coup d'accélérateur" à l'harmonisation des différents niveaux du Smic. "Il y a un engagement ferme du gouvernement aujourd'hui pour qu'il y ait une harmonisation la plus rapide possible", a-t-on indiqué dans l'entourage du ministre des Affaires sociales. Il s'agit de traiter le problème de la coexistence de plusieurs Smic à des niveaux différents, qui résulte de l'application des 35 heures. Un phénomène "qui porte en lui nombre d'effets pervers", selon M. Fillon. Confirmant que ce problème constitue bien la priorité du gouvernement en matière de Smic, comme l'avait déjà affirmé Jean-Pierre Raffarin, François Fillon a affirmé aux partenaires sociaux qu'il faut "prévoir d'en sortir dans des conditions qui garantissent aussi bien l'égalité entre salariés que la compétitivité des entreprises". Le ministre attend un rapport du Conseil économique et social (CES) sur le sujet, qui doit être rendu en juillet. La stratégie du gouvernement est donc de "régler définitivement ce problème" en 2003, en harmonisant "par le haut" les différentes valeurs du salaire minimum, le tout dans le cadre de négociations avec les partenaires sociaux. Cette attitude des pouvoirs publics a été diversement accueillie par ces derniers. Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque attache par exemple lui aussi la plus grande importance à l'harmonisation des différents Smic. Au point de réclamer ce lundi "une décision tout de suite" sur cette question. "L'annonce de M. Raffarin (sur l'harmonisation des Smic) ne nous satisfait pas, parce qu'il semble repousser à plus loin cette décision-là, or, nous la voulons aujourd'hui, la décision", a ajouté M. Chérèque. Rappelant les demandes de la CFDT sur le Smic, M. Chérèque a souligné: "2,4% d'augmentation, c'est le niveau minimum et en plus, nous demandons pour le niveau le plus bas, jusqu'à 6% d'augmentation, pour permettre de rejoindre le niveau le plus haut". Chez FO, la secrétaire confédérale Michèle Biaggi a déploré que l'on en reste "au statu quo" et que les salariés soient "encore les grands perdants". Et FO attend de voir "les preuves" de l'engagement du gouvernement à harmoniser les différents salaires minimum. Ton encore plus ferme à la CGT, où Maryse Dumas, secrétaire confédérale, a jugé que la décision de ne pas donner de coup de pouce au Smic était "absolument injuste et révoltante, surtout quand on sait que dans le même temps les allègements de cotisations patronales, eux, continuent, que le gouvernement maintient sa volonté d'alléger les impôts pour les plus riches", a expliqué Mme Dumas. Côté patronal, en revanche, l'attitude du gouvernement est bien accueillie. Denis Gautier-Sauvagnac, membre du Conseil exécutif du Medef, a ainsi déclaré lundi que "si le gouvernement s'en tient à une augmentation légale, c'est une solution qui répondra à l'attente des entreprises et de l'emploi". Le Medef, a-t-il expliqué, a affirmé à François Fillon que "aller au-delà de l'indexation légale au 1er juillet serait une erreur économique, car destructeur pour l'emploi, serait une erreur sociale, car cela empêcherait l'insertion professionnelle de personnes actuellement au chômage, et serait une erreur politique parce que ce serait un très mauvais signal pour les entreprises".

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