La France pourrait arracher un compromis à Séville

 |  | 657 mots
Le ministre délégué au Budget, Alain Lambert, a tenté de désamorcer le différend de la France avec ses partenaires européens à la veille du sommet de Séville. Interrogé sur Europe 1, Alain Lambert a indiqué qu'un compromis était "possible" sur ce sujet entre la France et l'Union européenne. Il a ainsi confirmé les rumeurs qui depuis hier évoquaient la possibilité du maintien, pour tous les pays, de l'objectif 2004 pour le retour à l'équilibre des finances publiques, mais à la condition que la croissance soit conforme aux prévisions. "Chaque pays devra faire de son mieux pour tendre vers l'équilibre, ce sera d'autant plus facile que le scénario de la croissance sera conforme aux prévisions", a indiqué le ministre. Alors que le sommet de Séville commence demain, ce jeudi est un jour décisif sur le plan économique puisque les ministres des Finances des quinze se retrouvent pour prendre des décisions qui seront validées lors du conseil des chefs d'Etat et de gouvernement. Malgré l'optimisme de Bercy, la bataille sera particulièrement rude, car certains pays, en particulier les petits pays, très vertueux sur le plan budgétaire, ne semblent pas prêts à accepter un tel compromis. Le chef de file de ce courant est le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Dans une interview publiée aujourd'hui par le Luxemburger Wort, il indique qu'il "rejette catégoriquement tout aménagement du pacte de stabilité". Selon le dirigeant grand-ducal, l'orthodoxie budgétaire ne nuit pas à la croissance si les dépenses sont correctement orientées. Jean-Claude Juncker propose ainsi de prendre des mesures pour relancer l'investissement plutôt que de soutenir la consommation. Alain Lambert se veut pourtant optimiste. Il s'est ainsi dit "confiant" sur la capacité de Francis Mer à arracher un accord lors de l'Ecofin d'aujourd'hui. Une position confirmée par une source proche de Matignon citée par Reuters en milieu de journée. La France compte notamment s'appuyer sur d'autres pays "dépensiers" comme le Portugal. La ministre lusitanienne des Finances, Manuela Ferreira Leite, a d'ailleurs confirmé qu'elle demanderait un objectif "plus flexible" pour le retour à l'équilibre budgétaire. Mais la clé restera l'attitude allemande. Berlin acceptera-t-elle un compromis alors que le ministre des Finances Hans Eichel a présenté hier un plan de réduction du déficit budgétaire pour satisfaire l'objectif d'équilibre en 2004 ?L'an dernier, la France avait empêché un rappel à l'ordre de l'Allemagne par la Commission pour son déficit budgétaire, grâce à un compromis qui ressemble à celui proposé par le gouvernement français aujourd'hui. Y aura-t-il un renvoi d'ascenseur à Séville ? Rien n'est moins sûr, car les élections françaises sont passées par là et le gouvernement allemand, en pleine période électorale, ne semble pas prêt à faire de cadeaux à un gouvernement français dont l'élection a été saluée par l'opposition. Si la France ne parvient pas à un accord à Séville, sa situation risque d'être critique puisque, selon Alain Lambert, le déficit devrait atteindre en 2002 environ 2,5% du PIB. Une situation que la Commission aura du mal à accepter. Dernier sujet qui sera sans doute soulevé par le gouvernement français à Séville, la TVA sur la restauration. On a vu hier (lire ci-contre), que le commissaire au marché intérieur Frits Bolkenstein, considérait que l'objectif français d'un taux réduit de TVA sur la restauration au 1er janvier 2003 n'était pas "tenable". Alain Lambert a reconnu que le dossier était "difficile", mais il a affirmé que le gouvernement ne "renoncerait pas" et qu'il était "confiant" sur la capacité de parvenir à un accord sur ce sujet. Selon lui, il est possible d'associer les partenaires européens de la France à "une demande légitime concernant un secteur très créateur d'emplois". Mais sur ce sujet également, la France devra batailler ferme pour éviter une crise au sein de l'Union.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :