Baptême du feu

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La partie ne s'annonce pas simple. C'est la modification du statut et du capital d'EDF et GDF qui est à l'origine de la mobilisation de jeudi. Sans l'attendre, le gouvernement a multiplié les déclarations apaisantes. Il "saura apporter aux salariés d'EDF les garanties raisonnables qu'ils attendent", a promis le ministre des Affaires sociales, François Fillon. Mais pour l'instant, ces garanties ne sont ni détaillées, ni chiffrées. Et, au delà de GDF, les salariés de la SNCF, de la Poste, de France Télécom et autre Air France sont eux aussi invités à se mobiliser dans quarante-huit heures.Pour le gouvernement, la marge de manoeuvre est étroite. Trop donner de gages au nom de la hantise compréhensible de ne pas voir se reproduire l'explosion sociale de l'hiver 1995 serait prendre le risque de pousser les syndicats à la surenchère, et de se mettre à dos une bonne partie des électeurs de la majorité et leurs élus. Ne rien lâcher, ce serait prendre celui d'un durcissement d'autant plus tentant pour les organisations professionnelles qu'elles ont à coeur de défendre avec vigueur les intérêts de leurs électeurs potentiels à quelques semaines des élections prud'homales du 11 décembre.Et aux côtés des salariés des entreprises publiques, les fonctionnaires ne vont eux aussi pas tarder à entrer dans la valse des revendications. Ils savent que les ambitions du gouvernement en matière d'effectifs vont bien au delà des 1745 postes de la fonction publique d'Etat dont la suppression est annoncée pour 2003. Le ministre délégué au Budget Alain Lambert ne vient-il pas d'appeler à "décider du nouveau format de la fonction publique", un format en rapport avec les "besoins des Français" ? Ce format, on le devine dans son esprit sensiblement inférieur aux 4,8 millions de fonctionnaires que compte aujourd'hui la France.Jeudi dernier, devant les caméras de France 2, le Premier ministre a habilement refusé de considérer le nombre des fonctionnaires comme un objectif de sa politique. Mais il ne pourra éternellement jouer l'apaisement. Tôt ou tard, il faudra choisir et assumer les conséquences, dont certaines seront inévitablement douloureuses. On comprend néanmoins que la tentation soit forte de ne rien faire qui puisse compromettre la plus ambitieuse des réformes, programmée pour le début de l'an prochain : celles des retraites.

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