"La croissance à deux chiffres des bénéfices sera rare"

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La Tribune - Quel est votre scénario pour la Bourse d'ici à la fin 2002 ?Giordano Lombardo - Bien qu'une reprise soit en cours, l'année 2002 sera marquée par la modération et l'incertitude. Côté macroéconomique, les investissements sont encore timides, alors que l'inflation risque de ressurgir. Après les nettoyages de portefeuilles, les entreprises devraient dégager des résultats meilleurs qu'en 2001, mais qui atteindront difficilement les pics d'avant la bulle. Je crois même que des hausses à deux chiffres - en moyenne de 15 % depuis vingt ans - des bénéfices seront peu fréquentes dans les années à venir. Il faut plutôt s'attendre à des hausses de 4 % ou 5 %, en ligne avec la croissance nominale du PIB dans les pays industrialisés. En conséquence, cela devrait se traduire par une baisse des PER de marché.Quelle stratégie adopter dans la gestion de l'épargne ?Les Européens, et notamment les Italiens, ont connu la Bourse à travers la privatisation des entreprises publiques. Mais leurs actifs se sont dépréciés au cours des deux dernières années. C'est pourquoi il faut passer, en Europe comme aux Etats-Unis, d'une logique de court terme à une vision de long terme. Or, en raison des bénéfices réduits à attendre, cette stratégie n'est pas en elle-même dépourvue de risques. Les particuliers qui investissent aujourd'hui en Bourse ont raison de s'inquiéter d'une baisse des cours à terme alors même qu'ils partiront à la retraite. Le vrai changement passe ainsi par une offre de produits diversifiés et de longue haleine de la part des professionnels du secteur.En clair ?Il faut réduire les placements dans les fonds communs, dont l'horizon d'investissement est compris entre trois et cinq ans, et miser sur les fonds de pension, qui s'inscrivent dans la durée. Une allocation de l'épargne efficace doit passer à mon sens par trois typologies de produits : les fonds spécialisés, les fonds "concentrés", c'est-à-dire comprenant une panoplie limitée de titres performants, et les "hedge funds". Le marché s'annonce moins dynamique et plus difficile, mais aussi plus intéressant. Et si la croissance moyenne est revue à la baisse, le défi consiste à sélectionner les sociétés disposant du plus fort potentiel.Propos recueillis par Andrea Morawski, à Milan.

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