La France bloque un compromis sur la libéralisation de l'énergie

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En pleine campagne électorale, le gouvernement français refuse une nouvelle fois d'ouvrir le dossier de la libéralisation du marché de l'électricité. Lors d'une réunion à Bruxelles des ministres de l'Economie et des Finances de l'Union Européenne, mardi 5 mars, le représentant français a rejeté un texte de compromis sur le sujet. Ce refus a été confirmé en début d'après-midi par Laurent Fabius. L'objet de la réunion de Bruxelles était de mettre au point un texte sur les réformes structurelles à accomplir dans le domaine de l'énergie. Ce texte doit être soumis au prochain sommet européen de Barcelone, les 15 et 16 mars prochains.La discussion a achoppé autour d'un paragraphe du document préparé par la présidence espagnole, très en pointe en matière de libéralisation énergétique. Ce paragraphe spécifiait que les chefs d'Etat devaient décider d'un "calendrier ambitieux pour une libre accession (des professionnels) au distributeur de leur choix".A l'initiative de la présidence espagnole, l'ensemble des participants, à l'exception de la France, a demandé la suppression de la formule entre parenthèse "(des professionnels)", ce qui supposerait une libéralisation de tous les marchés énergétiques, y compris pour les particuliers. La France, qui s'oppose à cette évolution, a quant à elle demandé la suppression des parenthèses dans la même formule. Cette réécriture du texte aurait alors permis de restreindre la libéralisation au seul marché des professionnels, ce que les autres pays de l'Union ne pouvaient accepter.Le président de la séance, le ministre espagnol de l'Economie Rodrigo Rato, a alors proposé d'autres formules de compromis. Une d'entre elles prévoyait que le calendrier devait "commencer par l'accès des professionnels" à l'opérateur de leur choix. Toutes ses formules ont été rejetées par le représentant français. Le ministre espagnol a donc dû déclarer le blocage de la discussion. Le texte sera donc transmis aux chefs d'Etats avec la parenthèse litigieuse, ce qui risque de bloquer toute décision sur le sujet lors du sommet européen.L'ouverture du marché de l'énergie est un sujet sensible pour le gouvernement français qui avait déjà bloqué un projet de libéralisation lors du sommet de Stockholm en 2001. A cinquante jours de l'élection présidentielle, le premier ministre candidat ne veut prendre aucun risque alors que le futur statut d'EDF avait été à l'origine d'une vive discussion au sein du Parti Socialiste début février (lire ci-contre).

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