Le risque américain

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Le président des Etats-Unis a compris l'enjeu des scandales qui s'accumulent. Si les investisseurs du monde entier finissent par être convaincus de l'existence d'un risque américain, les conséquences pourraient être incalculables.Elles sont déjà douloureuses. Les caisses de retraites publiques des Etats américains ont perdu plus d'un milliard de dollars dans l'affaire WorldCom. En juin 1999, le géant des télécom valait 115 milliards de dollars en Bourse. Il valait hier moins d'un milliard. Mais le scandale, intervenant après Enron, Tyco International, Adelphia, ImClone et d'autres encore, n'est plus seulement l'affaire de Wall Street, ou même de la seule Amérique."Ce n'est pas seulement WorldCom qui a pris une raclée aujourd'hui. Ce sont aussi les Etats-Unis eux-mêmes et le gospel américain sur la façon de conduire les affaires. Après avoir déversé des milliards de dollars sur les Etats-Unis parce qu'ils semblaient être une terre d'opportunité, les investisseurs étrangers battent en retraite." Hier, en quelques mots, le New York Times avait tout dit, ou presque.La tempête financière n'était pas inscrite à l'ordre du jour du sommet du G8 à Kananaskis, dans les Rocheuses canadiennes. Mais elle s'y est inévitablement invitée, comme l'a reconnu l'hôte de la réunion, le Premier ministre Jean Chrétien. "Nous en avons parlés parce que cela nous préoccupe tous," a-t-il déclaré. "Les transactions sur les marchés financiers sont très importantes pour le bon fonctionnement de l'économie. Il nous faut y travailler collectivement, parce que ce n'est pas seulement le problème des Etats-Unis."Voilà pour le constat. Il reste à trouver les instruments de cette coopération internationale dont... les Etats-Unis n'ont pas l'air de vouloir. C'est une contradiction qui sera difficile à surmonter.

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