Le résultat net d'EADS va repasser dans le rouge en 2002

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EADS, le géant germano-franco-espagnol de l'aéronautique, n'aura fait qu'un bref passage dans le vert en termes de résultats net. Après le bénéfice de 1,372 milliard enregistré en 2001, il prévoit en effet de repasser dans le rouge dès cette année. Avant exceptionnels, le résultat restera positif. Mais "le bénéfice net, quand on prend en compte les exceptionnels, sera négatif en 2002", a déclaré lundi le directeur financier du groupe, Axel Arendt, lors d'une conférence de presse. En raison d'amortissements de survaleurs et de dépréciations d'actifs, il a ajouté que le résultat exceptionnel 2002 devrait afficher une perte de 950 millions d'euros.D'une manière générale, le groupe se veut d'ailleurs prudent pour l'exercice en cours. Certes, il prévoit l'équilibre d'exploitation de sa division espace. De surcroît, il n'a pas abaissé, comme le craignaient certains analystes, sa prévision de livraison d'Airbus de 300 appareils. Et Rainer Hertrich, co-dirigeant du groupe, dit ne pas avoir de doutes sur la prochaine approbation par l'Allemagne du projet A400M (un programme de 18 milliards d'euros).Néanmoins, EADS prévoit en 2002 une légère baisse de son chiffre d'affaires, de 2% à taux de change constant. Un recul qui s'explique par des livraisons d'Airbus, moins importantes cette année (le groupe en a livré 325 en 2001).Parallèlement, la montée des coûts de recherche et développement (R&D) liés à la construction de l'avion géant A380 et les incertitudes planant sur le secteur aérien devraient faire glisser le bénéfice opérationnel (Ebit) de 1,7 à 1,2 milliard d'euros en 2002. "Notre objectif est prudent, car il prend totalement en compte les incertitudes du marché", ont expliqué les deux co-présidents d'EADS Philippe Camus et Rainer Hertrich. Si l'on exclut les coûts de recherche et développement, la marge opérationnelle du groupe sera en 2002 au niveau de celle de 2001, à 12%. Cet objectif tient compte des synergies que le groupe entend faire jouer et qui devraient lui permettre de réaliser une économie de 300 millions d'euros en 2002.Malgré ces perspectives pour le moins mitigées, le titre se distingue en Bourse. En fin de journée, et après deux séances de hausse, il gagne encore 1,8% à 16,97 euros. Pour certains opérateurs, cela tient au maintien des prévisions de livraisons d'Airbus en 2002. D'autres voient plutôt dans ce parcours la satisfaction du marché après les résultats publiés au titre de l'an passé. "Les résultats 2001 sont bons et ils ont tenu la tête haute malgré les craintes nées des attentats du 11 septembre", note un vendeur cité par l'AFP.Il est vrai qu'en dépit de la crise du secteur aérien, EADS a affiché l'an passé une résistance honorable. Alors que le groupe avait prévu en février une hausse de 15% de l'Ebit (équivalent du résultat d'exploitation), cet indicateur est en réalité en progression de 21% à 1,694 milliard d'euros pour 2001. Cela donne une marge de 5,5% (contre 5,8% un an plus tôt). Si l'on exclut les frais de R&D voisins de 2 milliards d'euros, la marge (de 11,3% en 2000) est alors de 12,1%: le niveau que le groupe compte maintenir en 2002.Déjà évoqué, le résultat net se situe à 1,372 milliard d'euros, tandis qu'en 2000, EADS avait subi une perte de 909 millions d'euros. Et le chiffre d'affaires du groupe, publié début février, est en progression de 27% à 30,8 milliards d'euros. Ces bons résultats 2001 sont en grande partie dus à la bonne tenue du dollar et à l'intégration à 100% dans les comptes d'EADS de sa filiale Airbus, détenue à 80%. Airbus a ainsi contribué à 1,65 milliard au bénéfice opérationnel du groupe cette année (contre 1,41 milliard en 2000). A données comparables, la croissance de l'Ebit n'est d'ailleurs plus que de 5%.A la clôture, à Paris, le titre EADS a terminé lundi en hausse de 1,80% à 16,97 euros.latribune.f

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