"Nous restons positifs sur les pétrolières"

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"La Tribune" - La situation au Proche-Orient semble déjouer les prévisions d'un pétrole bon marché. Que peut-on attendre désormais ?Aymeric de Villaret - A l'automne 2001, nous étions parmi les rares à relever notre prévision de prix moyen pour 2002 en passant de 23,5 à 24,5 dollars par baril. Nous nous appuyions alors sur la crédibilité de l'Opep qui était parvenue à obtenir l'adhésion à ses objectifs de grands producteurs n'appartenant pas au cartel. Ce n'est qu'à la sortie d'un hiver très doux, accompagnée d'une remontée des stocks, que nous étions revenus vers une prévision de 23,5 dollars par baril. Depuis, compte tenu des facteurs fondamentaux et géopolitiques, nous avons relevé nos estimations à 25 dollars, le 8 avril, tout en maintenant un objectif de 23 dollars pour 2003. On ne peut plus raisonner en faisant comme si la prime de risque allait s'estomper rapidement.Quelle appréciation portez-vous sur la valorisation des compagnies en Bourse ?...Compte tenu de nos prévisions sur le prix du brut, nous restons positifs sur le secteur, même après la hausse des cours de ces dernières semaines. Le courant de révision des analystes, s'avère favorable. Nous avons relevé de 5 % en moyenne nos prévisions de bénéfice 2002 des majors. Il faut toutefois se montrer sélectif en privilégiant les compagnies qui allient la croissance de leur production et la rentabilité. Le focus qui avait suivi 1998, lorsque le baril avait flirté avec les 10 dollars, doit laisser place à une meilleure prise en compte des perspectives de croissance sans perdre de vue la nécessité d'une optimisation des capitaux employés (ROCE).Dans ce contexte, quelles valeurs privilégiez-vous ?...A l'aune de ces indicateurs, le champion de la croissance rentable est Total Fina Elf dont la production devrait croître à un rythme annuel de 6,3 % et faire apparaître une rentabilité de ses capitaux employés de 17,9 % dans ses comptes 2004. Si ENI dispose elle aussi d'un rythme prévisionnel de croissance élevé (5,9 %), la compagnie italienne ne disposera alors que d'une ROCE de 13,8 %. Par ailleurs, il n'y plus lieu de jouer des rapprochements ou des OPA qui caractérisent les périodes d'atonie des prix du baril et qui, en outre, buteraient sur des problèmes de concurrence.Propos recueillis par Christophe Tricaud

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