BT Group place le haut débit au coeur d'une stratégie recentrée

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Très attendu, Ben Verwaayen, le nouveau président de BT Group depuis janvier, a présenté ce matin ses orientations stratégiques pour l'ex-monopole britannique, qui doit trouver de nouveaux relais de croissance après la scission de sa filiale mobile, mmO2, désormais cotée en Bourse et indépendante. Alors que BT vient de vivre une période difficile et reste très endetté, le successeur de Peter Bonfield s'est donc efforcé de concilier mesures rassurantes pour les investisseurs et promesses de croissance. "Nous parviendrons à une croissance rentable en établissant le juste équilibre entre la croissance et une gestion très disciplinée de nos finances. Nous ne viserons pas la croissance pour la croissance, ni la réduction des coûts comme un but en soi", a-t-il résumé. Sur le plan financier, Ben Verwaayen a annoncé que son objectif pour cette année était de parvenir à une marge opérationnelle (Ebitda) de 28 à 30% et de verser un dividende à ses actionnaires. En 2002, il entend contenir les dépenses d'investissement sous le seuil des 3 milliards de livres et mettre en place de nouvelles mesures de réduction des coûts : la branche BT Retail (communications fixes au détail pour les particuliers et les entreprises) devra économiser 175 millions de livres cette année et BT Wholesale (services aux grandes entreprises) 200 millions.Quant aux activités déficitaires de BT Ignite, la division Internet du groupe, elles devront dégager un excédent brut d'exploitation avant mars 2003. Le désendettement du groupe devra parallèlement se poursuivre, Ben Verwaayen prévoyant de ramener la dette sous le seuil des 10 milliards de livres en deux ans, contre 13,6 milliards actuellement. Pour y parvenir, le groupe compte notamment sur la cession de ses 26% dans l'opérateur français Cegetel, participation considérée par la direction de BT comme "l'actif ayant le plus de valeur". A plus long terme, BT Group vise une croissance organique annuelle moyenne de 6 à 8% et une augmentation d'au moins 25% par an du bénéfice par action d'ici à l'exercice 2004-2005. Pour ce faire, Ben Verwaayen entend placer le haut débit au coeur de sa stratégie commerciale et vise 5 millions d'abonnés "broadband" au Royaume-Uni d'ici 2006. BT Retail commercialisera ainsi prochainement une offre de connexion directe à haut débit, qui ne nécessitera pas la souscription d'un abonnement supplémentaire auprès d'un fournisseur d'accès. La division, qui a déjà fortement abaissé ses tarifs de connexion ADSL (lire ci-contre) devra parallèlement poursuivre son développement sur le marché des PME et sur celui des services intégrés de télécommunications pour entreprises, "incluant les services mobiles". BT Retail prend ainsi le risque d'entrer en concurrence avec mmO2. BT Ignite, de son côté, devra se recentrer sur les clients internationaux disposant de sites multiples en Europe. La branche devra en outre intégrer les activités héritées de l'ex-Concert, l'alliance avec AT&T définitivement démantelée le mois dernier. L'ensemble des activités de la branche devront dégager un Ebitda positif d'ici décembre 2003. Pour y parvenir, "BT Ignite ne fera aucun investissement supplémentaire sur les marchés des PME et des particuliers hors du Royaume-Uni. Ces activités seront fermées si elles ne sont pas rentables [ce qui est actuellement le cas pour la plupart d'entre elles, ndlr] et des opportunités de consolidation seront recherchées à plus long terme".En revanche, a souligné son nouveau patron, BT Group en a terminé avec les scissions : "il n'y aura pas d'introductions en Bourse, nous ne nous laisserons pas absorber par les restructurations internes", a-t-il expliqué. "Nous agirons comme une seule entreprise, concentrée sur ses clients". Parmi les nombreux nouveaux objectifs fixés par Ben Verwaayen figure notamment la baisse de 25% par an du taux d'insatisfaction de la clientèle. Et ce en dépit des 2.200 suppressions d'emplois prévues dans les centres d'appel du groupe, inclues dans la réduction de 4.000 postes des effectifs prévue d'ici 2003. Ce plan portera à 13.000 le total des suppressions de postes engagées depuis 2000. Au-delà, Ben Verwaayen et son équipe tablent sur une baisse des effectifs de 5.000 personnes par an par le seul jeu des départs naturels. A la Bourse de Londres, les investisseurs, séduits dans un premier temps par les annonces du groupe, semblent avoir été déçus par les détails fournis dans la matinée par Ben Verwaayen. Après avoir gagné plus de 2% en début de séance, l'action BT Group cédait 2,28% en clôture à 267,25 pence. Le titre accuse un repli de près de 30% sur un an.

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