Faiblesse de la croissance européenne au premier trimestre 2002

Comme prévu, la croissance est restée très faible au premier trimestre dans la zone euro. Certes, après la baisse de 0,3% du PIB européen au dernier trimestre 2001, la hausse de 0,2% enregistrée sur le premier trimestre 2002 montre que la zone est parvenue à éviter la récession. Il semble pourtant qu'il faille plutôt parler de stabilité puisque, sur un an, le PIB de la zone euro ne s'est accru que de 0,1%. Ces données sont inférieures aux prévisions des économistes: le consensus établi par Reuters prévoyait une hausse du PIB de la zone euro de 0,3% sur le trimestre et de 0,2% sur l'année.Ces chiffres sont une première estimation d'Eurostat. Ils pourront donc évidemment être révisés, alors que les pays membres de l'UEM publient actuellement leurs chiffres nationaux. Dans l'immédiat, on peut constater que la croissance européenne est hautement dépendante de l'étranger et particulièrement des Etats-Unis puisque les exportations de la zone euro ont progressé de 0,9% au premier trimestre, dopées par la croissance américaine. En revanche, la demande intérieure fait pâle figure puisque la consommation finale des ménages (-0,2%) et l'investissement (-0,7%) sont en recul. Par branche, c'est la construction et les services aux entreprises qui voient leur valeur ajoutée brute progresser le plus significativement (+0,8% et +0,7% respectivement). Mais l'industrie affiche une belle reprise (+0,6% sur le trimestre) grâce aux exportations.Le détail par pays n'est pas fourni par Eurostat, mais les chiffres connus montrent une grande diversité de situation au sein de la zone euro. En Allemagne et dans le Bénélux, la faiblesse de la consommation continue de pénaliser la croissance, alors que les ménages français soutiennent encore l'activité dans l'Hexagone. On notera d'ailleurs la très bonne performance de la France (+0,4%) lors de ce premier trimestre. L'écart de croissance entre la zone euro et les Etats-Unis reste donc important (1,2 point sur le trimestre et 1,4 point sur un an). Un différentiel qui s'explique par la forte croissance de la consommation américaine (+0,8% sur trois mois). Lors de sa prochaine réunion, la BCE devra donc analyser cette différence avant de prendre sa décision sur les taux. Un relèvement de ceux-ci pourrait encore pénaliser la consommation européenne.Il est vrai que les derniers indicateurs ont tendance à montrer une amélioration sensible de l'économie européenne. Les industriels allemands et français font désormais preuve d'optimisme et la consommation pourrait repartir en Allemagne et en Italie et rester élevée en France. Selon Nicolas Sobczak, économiste chez Goldman Sachs interrogé par l'AFP, "le tableau s'améliore rapidement". C'est ce que prévoit également Eurostat qui estime que la croissance sur trois mois au second trimestre sera comprise entre 0,3% et 0,6%. L'accélération devrait être encore plus sensible au troisième trimestre (+0,7% à +1%).Croissance des PIB au premier trimestre 2002 publiés au 31 mai dans les pays de la zone euro (variations sur un trimestre)Belgique : +0,5%Espagne : +0,5%France : +0,4%Allemagne : +0,2%Italie : +0,2%Pays-Bas : 0

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