L'Indonésie met en cause Al-Qaïda dans l'attentat de Bali

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Un an et une semaine après le déclenchement de l'attaque américaine contre l'Afghanistan, dont l'un des buts avoués était de mettre à bas Al-Qaïda et son chef Oussama Ben Laden, le moins que l'on puisse dire est que l'objectif ne semble pas atteint. Aujourd'hui, pour la première fois, un membre du gouvernement indonésien établit un lien entre l'attentat perpétré à Bali samedi et l'organisation terroriste de Ben Laden. Le ministre indonésien de la Défense Matori Abdul Jalil a en effet estimé devant des journalistes que l'explosion, qui a fait 183 morts et plus de 300 blessés, "est liée à Al-Qaïda". Il a ensuite ajouté que cet acte était le fait de professionnels, précisant que de récents "phénomènes" avaient révélé que des membres du réseau du milliardaire d'origine saoudienne étaient actifs en Indonésie, mais sans fournir davantage de détails. Un communiqué attribué à Ben LadenAu moment même où les autorités indonésiennes faisaient ces déclarations, la télévision du Qatar Al-Jazira rendait public un communiqué attribué à Oussama Ben Laden. Dans ce texte, le chef d'Al-Qaïda se félicite et salue les attaques menées la semaine dernière contre le superpétrolier français Limburg au large du Yémen et contre des soldats américains au Koweït. Des actes qui ont causé, outre la disparition des assaillants, deux morts et un blessé. Dans ce communiqué, Ben Laden appelle également les musulmans à "s'unir contre les Américains et les juifs".Ces attentats vont sans nul doute renforcer l'incertitude qui depuis des mois pèse sur l'économie mondiale. S'il est prématuré, voire impossible, de mesurer l'impact de tels actes, on peut néanmoins déjà affirmer que certains secteurs comme le tourisme ou l'aérien vont à nouveau souffrir (lire article ci-contre). "En tant que tel, cet événement meurtrier ne produit pas d'effet macroéconomique, mais il s'inscrit dans une série de chocs depuis les attentats du 11 septembre" qui contribuent à étouffer la reprise qui s'amorçait au début de l'année, indique Pascal Blanqué, chef économiste monde du Crédit Agricole, cité par l'AFP. Avec une confiance des consommateurs en berne des deux côtés de l'Atlantique, des investissements au point mort et des marchés boursiers en très nette baisse depuis le début de l'année, ces événements vont participer un peu plus à la morosité ambiante.Résistance des marchésCependant ce "risque terroriste" semble avoir été intégré par les marchés financiers qui résistent très honorablement ce lundi, après l'attentat en Indonésie. A Paris, le CAC 40 termine la séance sur une baisse limitée de 0,59% qui matérialise plutôt des prises de bénéfices après les hausses sensibles de la fin de la semaine dernière. Aux Etats-Unis, un peu après 18 heures 30, le Dow Jones et le Nasdaq sont orientés à la hausse, respectivement de 0,50% et de 0,89%. Comme pour les cours du pétrole - qui intègrent une prime de guerre liée à une éventuelle intervention en Irak - les places financières prennent en compte a priori ce risque terroriste. Pascal Blanqué voit donc dans l'attentat de samedi, plutôt qu'un choc économique, "un choc symbolique, qui vient montrer la fragilité géostratégique de l'économie mondiale aujourd'hui", et qui prouve que "nous vivons à présent dans une économie dangereuse".Pour les économies du sud-est asiatique, les événements de samedi pourraient néanmoins dépasser le symbolique. D'ailleurs, la Bourse de Djakarta a perdu plus de 10% aujourd'hui. Déjà fragilisée par le net ralentissement des exportations, la croissance de cette région du monde doit digérer ce nouveau coup dur. Dans un tel contexte, les investisseurs étrangers vont sans doute se détourner et dans le même temps il y a fort à parier que les touristes, notamment australiens et américains, bouderont ces destinations et priveront donc les pays concernés de ressources importantes en devises.

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