Fortis limite la casse au premier semestre

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Le numéro un des services financiers en Belgique, Fortis, a mieux résisté que prévu au premier semestre. Certes, sur un an, le résultat courant du groupe belgo-néerlandais recule de 4% à 1,48 milliard d'euros, mais cette baisse est inférieure à celle attendue par le consensus des analystes réalisé par Bloomberg, qui tablait sur une baisse de 9%. Ces résultats se distinguent nettement de ceux des principaux concurrents de Fortis, Allianz ou Crédit Suisse, qui ont dû accuser des pertes sur les six premiers mois de l'année. En fait, la bonne tenue de Fortis tient d'abord au succès de la réorganisation de son activité de banque de détail. Selon le communiqué du groupe, 127 agences, soit 6,7% du total, ont été fermées au Benelux durant le premier semestre. Dans le même temps, 851 emplois ont été supprimés. En fait, la bonne maîtrise des charges a permis à Fortis de réaliser d'excellentes performances financières dans toutes ses divisions, ce qui a permis de limiter l'impact de la baisse des marchés. Ainsi, si on exclut les plus-values, le résultat courant de Fortis est en hausse sur un an de 8% au premier semestre, ce qui constitue un record pour le groupe. Dans le secteur banque, ce même résultat hors plus-value grimpe de 9%, et la hausse atteint 13% dans le secteur de l'assurance. Malgré tout, le groupe de Bruxelles doit subir les conséquences de la baisse sensible de ses fonds gérés. Les commissions nettes ont ainsi été en recul de 9% sur un an durant le premier semestre 2002 et les plus-values réalisées par la division assurance ont chuté de 48% par rapport au premier semestre 2001. En conséquence, le résultat courant du secteur assurance doit accuser un recul de 4% sur un an. Cette situation ne s'est évidemment pas amélioré en juillet. Au 19 juillet, l'ensemble des actifs possédés par le groupe était valorisé 900 millions d'euros, soit moins que leur valeur globale d'achat. Après avoir provisionné 262 millions d'euros, les analystes s'attendent donc à ce que Fortis place une nouvelle provision de 500 millions d'euros pour pallier ces pertes au troisième trimestre. Difficile dans ces conditions d'être réellement optimiste. Le président de Fortis Anton van Rossum s'est donc voulu prudent. "Compte tenu du caractère aléatoire des fluctuations des marchés de valeurs et de leur impact possible sur le résultat courant, il est peu réaliste de se prononcer aujourd'hui sur les résultats de Fortis pour l'ensemble de l'année", a-t-il avancé. Il s'agit donc d'un recul par rapport aux objectifs définis lors de la présentation des résultats du premier trimestre, où le résultat courant était attendu en hausse de 12% sur l'année.Un retour en arrière qui devrait pousser le groupe à rechercher des alliances. Le directeur financier Gilbert Mittler a ainsi déclaré à l'AFP que Fortis avait "besoin de fusionner avec un concurrent anglais, français ou allemand". Selon lui, cette alliance "entre égaux" devrait se faire avec un acteur français "qui est particulièrement bien disposé". Cette perspective n'a pourtant pas réjoui les marchés. A la clôture, le titre Fortis reculait de 5,90% à 18,35 euros à Bruxelles.

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