Plongeon des commandes de biens durables aux Etats-Unis

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Les discours sur la solidité de l'économie américaine malgré la crise boursière vont sans doute devoir être révisés. Les commandes de biens durables américains ont chuté de 3,8% en juin. Pourtant, après une hausse de 0,6% en mai, tous les économistes s'attendaient à une poursuite de la hausse de ces commandes. Le consensus Reuters s'établissait à +0,7% et la fourchette des estimations allaient de -1% à +3%. C'est dire si le chiffre a surpris dans le mauvais sens.Cette forte baisse, la première depuis sept mois, s'explique en grande partie par le coup d'arrêt donné aux dépenses d'investissement outre-Atlantique. Ainsi, les commandes de biens d'équipement hors défense et aéronautique reculent de 5,2% en un mois. Les commandes de machines ont connu leur plus fort déclin depuis février 2000 avec une baisse mensuelle de 6,7%. En fait, le seul secteur à constater une hausse des commandes (+4,8%) est celui de la défense. Il est vrai que le gouvernement a recommencé à investir sans compter dans son matériel militaire, mais ces dépenses sont évidemment incapables à elles seules de soutenir l'économie.Malgré la reprise industrielle en cours en juin, les dirigeants des entreprises américaines ont préféré mettre un frein aux dépenses d'investissement qui reprenaient timidement depuis quelques mois. Il est aisé de deviner que cette frilosité soudaine n'est pas étrangère au désastre boursier actuel. Les entreprises redoutent de ne pas pouvoir faire appel aux marchés pour financer des investissements. Redoutant la réaction des places boursières, elles refusent également de s'endetter pour réinvestir. Elles préfèrent donc rester attentistes.Une position qui ne va pas manquer de fragiliser l'économie américaine. Ce brusque arrêt des nouvelles prises de commandes signifie qu'il ne faudra pas compter sur une véritable reprise de l'investissement et de l'industrie avant plusieurs mois. Les signes de hausse de la production observés ces derniers mois risquent donc de se tarir lors du prochain trimestre. Pour le moment, certes, la consommation tient, malgré sa faiblesse du mois de mai. Mais, elle ne sera certainement pas suffisante pour éviter à l'économie américaine de voir sa croissance s'affaisser considérablement dans les mois à venir. En cas de faiblesse de la consommation, il est certain que l'économie américaine n'éviterait pas alors la récession.Les déclarations du secrétaire d'Etat au Trésor Paul O'Neill ce matin affirmant que la croissance américaine sera cette année de 3 à 3,5% semblent donc plus que jamais très audacieuses. Car ce chiffre des commandes de biens durables semble montrer que les "fondamentaux" de l'économie américaine risquent bel et bien d'être touchés par la crise boursière. L'Europe ne sera alors sans doute pas épargnée.

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