Tyco annonce des pertes record

Le conglomérat industriel Tyco sera-t-il le prochain sur la liste des grands groupes américains victimes de la défiance des marchés ? En tout cas, les mauvais résultats trimestriels ne vont certainement pas contribuer à redonner confiance aux investisseurs.Tyco affiche ainsi sur le troisième trimestre de son exercice 2001-2002, des pertes de 2,3 milliards de dollars., soit 1,16 dollar par action. Un an auparavant, le conglomérat pouvait encore afficher un bénéfice de 1,17 milliard de dollars, soit 65 cents par action. Les pertes de Tyco s'expliquent en grande partie par le coût de la politique hasardeuse d'acquisitions menée par son ancien président Dennis Klosowski. Ainsi, hors charges exceptionnelles et amortissement des survaleurs, le groupe affiche encore un profit de 45 cents par action, en deçà des 73 cents de l'an passé, mais conforme aux attentes des analystes. Le groupe est un capharnaüm industriel où l'on rencontre aussi bien des fibres optiques sous-marines et des alarmes (Tyco est leader mondial dans ces deux domaines), que des produits de santé, des matières plastiques, des adhésifs ou des services financiers. La construction de ce conglomérat s'est souvent faite à marche forcée et au détriment de toute logique industrielle et financière. Depuis quelques mois, le groupe éveille les soupçons du marché sur la véracité de ses comptes passés et sur sa survie. Le meilleur exemple de la politique malheureuse de Tyco est sa filiale de services financiers CIT. Achetée 10 milliards de dollars en 2001, elle a été introduite en Bourse le mois dernier après de longues hésitations. Mais ce "spin-off" n'a pas eu l'effet escompté: il n'a rapporté que 4,5 milliards de dollars, ce qui a forcé Tyco a faire un bien mauvais cadeau aux nouveaux actionnaires de CIT. Les comptes de sa filiale financières ont été ainsi garnis d'une dépréciation d'actif de 2 milliards de dollars au troisième trimestre. Du coup, l'entreprise, qui si l'on exclut ces charges présente un résultat trimestriel honnête de 166,7 milliards de dollars (en baisse de 5,01% sur un an), doit accuser des pertes nettes de 1,99 milliards de dollars. En bref, Tyco a encore une fois été bien mal inspiré lors de cette opération d'introduction en bourse de sa filiale financière. Comptant sur la volonté affichée de réduire son endettement et sur la démission de son président controversé, le groupe s'efforce à présent de rétablir un semblant de confiance en annonçant la suppression de 1.300 emplois et prévoyant un retour à l'équilibre pour le premier trimestre 2004. Son nouveau président John Ford a ainsi affirmé que dans le mauvais environnement actuel, "Tyco a démontré que ses fondamentaux restaient solides". Mais, l'exercice risque d'être délicat et le groupe qui s'est récemment basé aux Bermudes aura bien du mal à convaincre les investisseurs de sa viabilité. Depuis le début de l'année, l'action Tyco a perdu près de 80% de sa valeur. Hier, elle a encore chuté de 5,1% à Wall Street, finissant à 11,85 dollars. Le titre CIT, lui, a reculé de 2,35% à 21,3 dollars. Et la chute continue puisque le titre reculait de 3,83% à 12 heures locales à 11,39 dollars.

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