Doutes sur l'activité future des services européens

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Lundi dernier, l'indice d'activité de l'industrie (indice PMI) avait montré une pause dans la croissance manufacturière du Vieux continent. Aujourd'hui, le même indice PMI de juin pour les services, le secteur dominant de l'économie de la zone euro, montre que la croissance se poursuit, même si des doutes commencent à se faire jour sur son avenir.La hausse de l'indice de 0,8 point en un mois à 52,9 montre que l'activité du secteur des services continue de s'accélérer dans la zone euro. Une telle hausse se situe même au-dessus des attentes des économistes puisque le consensus Reuters se situait à 52,5. Parmi les bonnes nouvelles qui soutiennent cette croissance, on note le niveau élevé de la production dont l'indice progresse de 0,55 point à 53,13, ce qui le ramène à son niveau d'avril qui était un record depuis février 2001. Au rang des bonnes nouvelles, on trouve également la prise de nouvelles commandes dont l'indice progresse de 0,16 point à 52,53. Mais si jusqu'ici tout va bien, l'avenir risque d'être moins radieux. L'indice des attentes pour les six mois à venir est en fort recul de 3,9 points en juin à 66,5. Les opérateurs du secteur des services restent certes optimistes (l'indice demeure en effet largement au-delà de 50), mais ils le sont de moins en moins. Ce recul s'explique par une recrudescence des annulations de commandes, des faillites de clients et par la baisse des investissements dans le secteur. Autant d'éléments qui augurent mal des mois à venir. Ce coup de déprime est particulièrement palpable en Allemagne où l'indice des attentes perd 5,8 points en juin à 58,2, mais aucun pays de la zone n'est épargné. En France, par exemple, ce même indice recule de 4,1 points à 70,9. En conséquence, l'emploi dans les services devrait continuer à se dégrader. Les entreprises refusent en effet de prendre des risques pour l'instant. L'indice d'emploi pour la zone euro recule ainsi de 0,14 point à 49,71, ce qui montre que les suppressions d'emplois devraient s'intensifier. Même dans des pays comme la France, qui crée des emplois dans les services, le rythme de création se réduit en juin. En termes nationaux, on remarque d'ailleurs que, comme pour l'industrie, l'Hexagone s'affirme comme un des pays les plus dynamique de la zone pour le moment. L'indice PMI français progresse ainsi de 0,53 point à 55,42 en juin. Là encore, on retrouve le niveau d'avril qui était le plus élevé depuis juillet 2001. La France est donc nettement plus dynamique que ses partenaires, notamment l'Allemagne dont l'indice d'activité des services est repassé péniblement en juin au-dessus de 50 (à 50,9, en hausse de 1,8 point), ce qui le laisse nettement en deçà du niveau d'avril (52,03). En Italie, l'indice d'activité baisse de 0,3 point à 53. La France demeure donc un des principaux moteurs de la croissance européenne (comme l'avaient déjà montré les chiffres du PIB du premier trimestre), notamment grâce au niveau élevé de sa consommation. Mais cette bonne santé devra être entretenue pour durer.

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