BZ Bank sous surveillance quotidienne

La Suisse tente d'éviter un effondrement de son système financier en plaçant la banque de Martin Ebner BZ Bank sous une très étroite surveillance. Le groupe du milliardaire qui, au temps de sa splendeur avait pu tirer les ficelles de la création de la plus grande banque de suisse UBS et qui détient encore 9% d'ABB et 5% de Crédit Suisse, est en effet depuis la crise des marchés dans une situation des plus délicates. La semaine dernière, BZ Bank a dû céder le contrôle de quatre de ses fonds d'investissement à la Zürcher Kantonalbank. En un an, leurs valeurs avaient été divisées par deux. Selon la presse helvétique, la banque serait endettée à hauteur de 7,5 milliards de francs suisses (5 milliards d'euros). Depuis une semaine donc, le monde de la finance suisse vit donc dans l'angoisse. Si BZ Bank entre dans une procédure de faillite ou si elle décide vendre massivement les participations qui lui restent sur la place zurichoise, on peut en effet craindre un "effet domino" entraînant l'ensemble du monde financier suisse dans une incroyable descente aux enfers. D'autant que les liens entre les grandes banques et l'institution de Martin Ebner restent encore sujets à rumeurs. Le Crédit Suisse, ainsi, serait l'un des premiers créanciers de son actionnaire. On peut imaginer la tension qui règne actuellement à Zurich. Hier, ABB a perdu 13% tandis que le titre Crédit Suisse reculait de plus de 9%. Les autorités bancaires helvétiques ont donc décidé de réagir. La Commission fédérale bancaire (CFB) a ainsi indiqué, par la voix de son président Kurt Bucher, que BZ Bank "devait tenir la CFB informée quotidiennement de sa situation". Selon lui, Martin Ebner se montre "très coopératif". Une coopération qui a été confirmé par le numéro deux de BZ Bank, Kurt Schiltknetch, qui a affirmé de son côté, que la banque "remplissait tous ses devoirs vis-à-vis de la CFB". Sans faire de commentaire sur la situation financière de BZ, il a souligné qu'il est pour lui "important que la CFB rappelle que tout est en ordre".Cette nouvelle d'une étroite surveillance de la CFB, qui fait suite à l'annonce d'un prêt à BZ accordé par huit établissements financiers (lire ci-contre) a rassuré les marchés, même si ladite surveillance ne concerne que la filiale suisse de BZ et non la holding qui possède les participations du groupe dans d'autres entreprises. A 16h15, Crédit Suisse reprenait 3,39% et ABB 8,33%. Reste désormais à savoir si BZ pourra tenir dans la durée alors que ses produits phares, reposant sur des achats d'actions avec une faible commission, semblent peu en vogue actuellement.

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