L'Allemagne autorise la fusion entre E.ON et Ruhrgas

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Après avoir annoncé la finalisation de l'achat de l'intégralité du capital de Ruhrgas, le géant allemand de l'énergie E.ON attendait l'approbation du gouvernement fédéral sur l'opération. En janvier, l'autorité antitrust allemande avait interdit la fusion E.ON-Ruhrgas, considérant que la position du nouveau groupe risquait d'être monopolistique. Mais, ce matin, le ministère allemand de l'Economie a décidé de donner son accord à l'opération.Selon le vice-ministre de l'Economie Alfred Tacke, l'acquisition de Ruhrgas par E.ON ne mettra pas en péril la compétition sur le marché allemand et apportera des avantages sur le plan international. L'accord du gouvernement est cependant mâtiné de conditions. Parmi celle-ci, on remarquera l'obligation de vendre les 42,3% du capital de Verbundnetzgas (VNG) détenus par la nouvelle entité. VNG est le plus important distributeur de gaz naturel dans l'ex-RDA. Déjà, plusieurs candidats à la reprise de VNG se sont portés candidats, notamment GDF, le suédois Vattenfall et l'allemand Wintershall. Un porte-parole de GDF l'a d'ailleurs rappelé : "il est clair que le groupe souhaite se développer en Allemagne".E.ON devra également céder ses parts dans d'autres entreprises importantes comme Bayerngas, distributeur de gaz en Bavière. De plus, E.ON a obligation de vendre 75 milliards de kilowatts de gaz naturel à ses concurrents au cours des trois prochaines années. Enfin, E.ON doit satisfaire une obligation de service public en investissant entre 6 et 8 milliards d'euros dans les infrastructures de production du gaz. Devant ces conditions, le groupe a réagi de façon mitigée en déclarant dans un communiqué qu'elles étaient "douloureuses mais acceptables".Le nouveau groupe deviendra ainsi le premier distributeur de gaz naturel d'Allemagne, et le numéro 3 européen sur le marché. La moitié du marché allemand du gaz naturel, estimé à 20 milliards d'euros, sera sous le contrôle d'E.ON-Ruhrgas. En tout, l'acquisition de Ruhrgas, qui avait l'une des structures capitalistiques les plus complexes d'Europe, aura coûté 10,3 milliards d'euros à E.ON.Les conditions gouvernementales semblent cependant inquiéter les marchés puisqu'à Francfort à 11h00, le titre E.ON était la plus forte baisse du DAX 30 avec une perte de 1,90% à 58,47 euros.

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