Alan Greenspan repousse l'idée d'une hausse des taux

Alan Greenspan a dressé, devant le comité économique du Congrès, un tableau de la reprise américaine actuellement en cours. Tout en restant optimiste, il a confirmé que l'heure n'était pas encore au relèvement des taux, mais au soutien aux différents composants de la demande finale.Le président de la Fed a confirmé que la reprise de l'économie américaine ne faisait aucun doute. Il a d'ailleurs confirmé que le restockage soutiendrait fortement la croissance au premier trimestre. Mais, selon Alan Greenspan, ce phénomène sera "de courte durée" et la "force de l'expansion économique reste à clarifier".Le premier souci d'Alan Greenspan concerne les ménages. Selon lui, la consommation des ménages ne dispose pas "du même potentiel d'accélération que par le passé", en raison notamment de leur mauvaise situation financière et de leur endettement croissant. La remontée du prix de l'énergie est aussi un phénomène susceptible de freiner la consommation dont la hausse lors des dernières années avait été tirée par le faible coût de l'énergie. "L'incertitude" pesant sur les prix du pétrole fait donc peser un danger sur la croissance de la consommation.Alan Greenspan note, par ailleurs, que l'amélioration progressive des profits des entreprises devrait favoriser le rebond de l'investissement, notamment dans les domaines technologiques. L'amélioration de la production de semi-conducteurs et des ventes d'ordinateurs sont, pour le président de la Fed, un signe de ce rebond de l'investissement. Néanmoins, des incertitudes demeurent dans certains domaines comme la communication ou l'aéronautique, où les profits restent encore bas. Pour finir, Alan Greenspan a donc ouvertement déclaré que la Fed attendrait une "expansion économique solide et soutenue" pour agir sur les taux. D'autant qu'il a rappelé qu'il n'y avait aucun risque sur les prix actuellement. La priorité est donc, pour Alan Greenspan "au contrôle de l'évolution de la demande finale". Tout risque de relèvement des taux le 7 mai prochain semble donc écarté.A cette bonne nouvelle pour les marchés, s'est ajouté un peu plus tôt dans la journée, celle du chiffre américain du commerce extérieur. Le déficit commercial s'est creusé à 31,5 milliards de dollars en février, contre 28,2 milliards en mars. Le consensus Reuters des analystes se situait à 29 milliards de dollars. Cet accroissement de 11,7% s'explique par la croissance rapide des importations. Ainsi, alors que les exportations progressent de 1,2% à 79,19 milliards de dollars, les importations, elles, progressent de 3,5% à 110,7 milliards de dollars. Cette reprise rapide des achats à l'étranger montre que le simple déstockage n'est plus suffisant pour faire face à la demande intérieure. Les entreprises ont donc recours aux produits venant de l'extérieur. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de l'automobile (progression de 1,6 milliard de dollars des importations) et des biens de consommation (+1,1 milliard). Cette évolution laisse présager une reprise de la production aux Etats-Unis afin de reconstituer des stocks et de mieux répondre à la demande. Le chiffre de février vient donc appuyer le consensus des économistes qui prévoient pour le premier trimestre 2002 une croissance du PIB américain de 5% en rythme annualisé.Mais, ce recours aux importations est aussi une bonne nouvelle pour le reste du monde. Les Etats-Unis, en ayant recours aux biens et services étrangers, vont stimuler l'activité dans des régions où elle est actuellement en panne. Ainsi, le déficit commercial avec le Japon est en progression de 0,9 milliard de dollars, soit une hausse de 18,8%. Ceci confortera les Japonais qui comptent sur les exportations vers les Etats-Unis pour faire repartir leur machine économique. En revanche, l'Europe occidentale ne bénéficie pas de cette progression des importations américaines, puisque le déficit commercial des Etats-Unis avec le Vieux continent se réduit de 4%.Ces chiffres du commerce extérieur américain sont également de bon augure dans la mesure où les exportations repartent à la hausse, notamment dans les services. Preuve que, dans ce secteur, les entreprises pourront également compter sur la demande extérieure pour se développer.Ces chiffres positifs ne prennent cependant pas en compte les éléments de faiblesse de la demande intérieure évoqués par Alan Greenspan et qui se sont fait jour au mois de mars.Après le discours du président de la Fed, le Dow Jones, qui était passé dans le rouge, est revenu brièvement dans le vert avant de repasser à -0,35% à 18h. Le Nasdaq, lui, a réduit sa progression à 0,27%. Mais, les perspectives d'Alan Greenspan semblent inquiéter les marchés.

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