Les consommateurs américains sous pression

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Bien qu'attendu, le plongeon est d'importance. Les ventes au détail, qui représentent 40% des dépenses de consommation aux Etats-Unis, ont reculé de 1,2% en septembre. Cette chute, la plus forte depuis un an, est principalement le fait du très net recul des ventes de voitures le mois dernier (-4,8%). Malgré les prêts à taux zéro et les promotions de toutes sortes, les Américains rechignent désormais à s'offrir de nouvelles voitures. Sans doute parce qu'ils en ont beaucoup acheté lors des mois précédents.Hors automobiles, les ventes ont progressé d'un timide 0,1%, conforme néanmoins aux attentes des analystes. Après une hausse de 0,3% en août, cette statistique laisse cependant entendre que les consommateurs américains pourraient resserrer les cordons de leurs bourses. Néanmoins pour le troisième trimestre de 2002, les chiffres publiés aujourd'hui confirment que les ménages ont cette fois encore apporté leur soutien à l'économie américaine, lui assurant une croissance trimestrielle de l'ordre de 3,5%. En revanche, des fissures se font jour pour les trois derniers mois de l'année et les consommateurs pourraient être fatigués de porter seuls le fardeau de la reprise aux Etats-Unis.La déprime des marchés boursiers, les craintes liées à un éventuel conflit en Irak, la faiblesse du marché du travail sont autant de facteurs pouvant inciter les Américains à réduire leurs dépenses de consommation dans les mois qui viennent. Ce scénario est dans toutes les têtes, y compris dans celles des conseillers économiques du président Bush. Glenn Hubbard, chef économiste de la Maison Blanche, a reconnu cet après-midi sur une chaîne de télévision américaine que la croissance du PIB au quatrième trimestre devrait être plus lente que celle du troisième.Reste à connaître l'ampleur du coup de frein. Et sur ce point, la confiance des ménages sera déterminante. Or elle semble d'ores et déjà montrer des signes de faibles. On en veut pour preuve la publication par l'université du Michigan de son l'indice préliminaire de confiance des consommateurs pour le mois d'octobre. Celui-ci dégringole sévèrement à 80,4 après 86,1 en septembre. La chute est bien plus forte qu'anticipé par les économistes qui tablaient en moyenne sur un indice à 85,7. Cette dégradation plus forte que prévue est notamment le fait d'une très nette détérioration des perspectives des ménages. Un éventuel conflit en Irak et la descente aux enfers des marchés boursiers au début du mois ont particulièrement contribué au blues des ménages. Ce mauvais indice devrait nourrir les spéculations sur la résistance future de la consommation des Américains (qui compte tout de même pour les deux tiers du PIB américain). Mais paradoxalement, cette dernière statistique n'a pas entamé le moral des investisseurs qui veulent croire au rebond. Wall Street en fin d'après-midi vendredi progressait fortement. Le Dow Jones gagnait 3,14% et le Nasdaq 3,18%. Les marchés, plus qu'aux données macro-économiques, ont choisi de porter leur attention sur les informations en provenance des entreprises. Sur ce point, ils ont accueilli positivement les résultats trimestriels de GE (voir article ci-contre).

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