Baisse de régime dans le secteur des services américains

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Juin a indéniablement marqué une pause dans la reprise économique américaine. Après l'indice ISM manufacturier, c'est l'indice ISM des services qui a reculé en juin. Après la hausse de mai, cet indice se replie de 2,9 points à 57,2. C'est nettement inférieur au chiffre attendu par le consensus des économistes qui prévoyait un indice à 58,2. La croissance du secteur des services a donc été moins rapide en juin, signe que la consommation de service ne pourra pas soutenir l'activité du second trimestre comme elle a soutenu celle du premier trimestre. Pourtant, 35% des directeurs d'achats américains interrogés ont constaté une accélération de l'activité (contre 34% en mai). Mais, dans le même temps, ils étaient 15% à constater une contraction (contre 11% en mai). A noter que l'un des secteurs touchés par cette contraction est celui de la communication, selon l'ISM. Parallèlement à ce ralentissement, on constate un certain nombre de signes inquiétants. Certes, l'indice des nouvelles commandes progresse de 0,1 point en juin à 56,9. Mais les commandes à l'exportation sont en forte baisse (-4 points à 57,5). Surtout, l'indice des commandes honorées chute de 4,5 points à 49, retombant à son niveau d'avril. En conséquence, les entreprises des services, inquiètes, refusent de se remettre à embaucher. L'indice d'emploi s'effondre de 5,2 points à 44,3. Il y a donc changement de perspectives : la priorité des sociétés de services n'est plus dans le maintien des effectifs comme en mai, mais dans la réduction des emplois. Un nouveau coup dur pour la confiance des consommateurs américains déjà très affectée. Les services étaient jusqu'ici le secteur le plus créateur d'emplois. S'il cesse d'en créer, le chômage pourrait repartir fortement à la hausse. Les chiffres de l'emploi qui seront publiés vendredi devraient donner des premiers éléments sur ce point.La question est donc désormais simple aux Etats-Unis : l'investissement va-t-il prendre le relais d'une consommation défaillante ? La plupart des signes montrent que les entreprises restent encore prudentes, mais la hausse de 0,7% des nouvelles commandes industrielles en mai est de bon augure. Il s'agit du troisième mois consécutif de progression de ces commandes, ce qui dénote un certain retour de la politique d'investissement des entreprises. En revanche, le chiffre d'avril a été fortement révisé à la baisse. Les commandes industrielles n'ont en effet progressé ce mois là que de 0,7% contre 1,2% initialement annoncé.Bref, si la croissance de l'économie américaine s'est indéniablement ralentie à la fin du second trimestre, le "double-dip" (c'est-à-dire la rechute dans la récession) n'est pas encore une certitude.

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