Reprise sans inflation aux Etats-Unis

La reprise de l'économie américaine se confirme et tout risque de surchauffe inflationniste semble s'être éloigné. La production industrielle américaine s'est encore appréciée en mars, enregistrant une hausse mensuelle de 0,7%, soit 0,2 point de plus qu'attendu par le consensus des économistes interrogés par Reuters. La production industrielle a désormais retrouvé ses niveaux d'août 2001. Le taux d'utilisation des capacités de production aux Etats-Unis en mars est remonté à 75,4%, soit 0,5 point au-dessus de celui de février et 0,1 point au-dessus des attentes des économistes. Ce bon chiffre s'explique par la bonne performance des biens intermédiaires (+0,8%) et des services aux collectivités (utilities), dont la production progresse de 1,6 % en mars. La production de biens de consommation est un peu en retrait, mais continue de progresser de 0,6%. A noter, la première augmentation de la production automobile depuis deux mois (+0,2%).Cette troisième hausse consécutive de la production industrielle démontre que, comme le disait mardi matin l'économiste de la Maison Blanche Glenn Hubbard, " la reprise économique américaine est bien en cours". Il n'en reste pas moins que l'on est encore loin des niveaux d'il y a un an. De mars 2001 à mars 2002, la production industrielle accuse une chute de 2,9%. D'autre part, la production d'équipements industriels est en baisse de près de 12% sur un an, ce qui prouve, comme le note Evariste Lefeuvre, économiste à la Caisse des dépôts, la "tendance négative de l'investissement".De plus, les chiffres de l'inflation (CPI) de mars ont montré que, si le risque d'inflation s'éloigne, la consommation reste fragile. Les prix ont ainsi progressé au mois de mars de 0,3% en données corrigées des variations saisonnières (CVS). Le "core CPI", c'est-à-dire la hausse des prix hors énergie et alimentation, se situe à 0,1%, soit 2,4% sur un an. Les analystes prévoyaient une progression de 0,5% du CPI et de 0,2% du core CPI. Certes, cette hausse mensuelle est la plus forte enregistrée depuis septembre dernier, mais essentiellement en raison du renchérissement du coût de l'énergie. En mars, les prix énergétiques ont progressé de 3,8% sous la pression de la hausse de 12% du prix du pétrole, entraînant dans leur sillage les prix du transport (+1,2%).Si on exclut cette hausse purement conjoncturelle, on remarque que la hausse mensuelle du core CPI est l'une des plus faibles de ces six derniers mois. Certains prix ont reculé fortement en mars, notamment dans le secteur technologique. Par exemple, les prix des produits de communication et d'éducation ont reculé 0,5%, tirés à la baisse par les tarifs téléphoniques (-1,2%) et les prix des équipements informatiques (-2,9%). Les prix liés au logement n'ont progressé que de 0,1% en mars.Ces chiffres de l'inflation montrent donc que la consommation américaine est restée mesurée en mars, comme l'indiquait la semaine dernière l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan (lire ci-contre). Dans ce contexte, il est peu probable que lors de sa réunion du 7 mars, la Fed s'engage dans un relèvement de ses taux. Le risque actuel d'affaiblissement de la consommation devrait, au contraire, engager Alan Greenspan à laisser les taux inchangés à leurs niveaux actuels. Le discours prévu demain du président de la Fed devrait nous en dire un peu plus sur sa vision actuelle de la reprise américaine.

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