Le moral des patrons allemands rebondit, l'euro continue de faiblir

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Plutôt que l'aggravation du chômage à court terme, les patrons allemands semblent retenir de la conjoncture actuelle la perspective d'une reprise dès le milieu de cette année. Dans ce contexte, l'indice Ifo, baromètre mensuel mesurant le moral des chefs d'entreprises outre-Rhin, affiche sa troisième hausse consécutive. Après s'être établi à 84,9 en novembre et 85,8 en décembre, cet indicateur est monté en janvier à 86,3. Une performance supérieure aux attentes des économistes, qui tablaient en moyenne selon le consensus réalisé par Reuters sur 85,7.Pour Gernot Nerb, principal économiste de l'institut Ifo, ces statistiques témoignent du "début d'une phase de redressement". Interrogé par Reuters, il a estimé qu'"il existe davantage de marge de manoeuvre pour une baisse de taux par la Banque centrale européenne. Rien ne permet de dire que l'économie se redressera d'elle-même. Elle a encore besoin d'un certain stimulus pour amorcer un redémarrage auto-alimenté." Les patrons allemands semblent en tous cas décidés à ignorer la situation présente - l'Allemagne est en récession et le nombre des chômeurs pourrait prochainement dépasser les 4 millions- et jouent la reprise. En effet, dans cette enquête, le sous-indice le plus important, la composante des anticipations, progresse pour le troisième mois consécutif et atteint 94,8. Il permet de mesurer la manière dont les entreprises envisagent l'avenir sur un horizon de six mois. Malgré ces perspectives, l'accès de faiblesse de l'euro se poursuit. La monnaie européenne a chuté sous la barre des 86 cents à la mi-journée, à 0,8594 dollar, avant de remonter légèrement. En fin d'après-midi, l'euro s'échange aux environs de 0,86 cents. L'euro fait les frais des propos optimistes, la semaine dernière, d'Alan Greenspan sur l'état de santé de l'économie américaine: les signes de reprise apparus outre-Atlantique inspirent plus de confiance aux investisseurs que ceux enregistrés en Europe. Depuis le début de l'année, l'euro s'est déprécié de 3,16% par rapport au billet vert. Il n'avait plus été aussi faible face à la monnaie américaine depuis le mois de juillet dernier.Comme le gouvernement Schröder, les chefs d'entreprises de la première économie de la zone euro paraissent pour leur part persuadés que l'économie allemande connaîtra une reprise au cours de l'année. Vendredi, le chancelier allemand a annoncé que la hausse du produit intérieur brut (PIB) serait "probablement" de 0,75% en 2002, tout en estimant qu'une accélération nette devrait se concrétiser au cours de l'exercice. Ce scénario d'une reprise solide de l'activité en Allemagne est néanmoins dépendant de plusieurs facteurs et notamment d'une certaine modération des rémunérations. Or, sur ce sujet, le gouvernement allemand et les partenaires sociaux sont engagés dans un dialogue difficile. Aujourd'hui, IG Metall, le syndicat de la métallurgie, va annoncer officiellement une revendication de 6,5 % de hausse salariale. latribune.f

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