Accord pour la forme à Johannesburg

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La couleur avait été annoncée avant même le début du Sommet sur le développement durable. Ce gigantesque rassemblement onusien devait aboutir, dix ans après Rio, à l'adoption d'un plan d'action censé permettre de concrétiser les mesures adoptées au Brésil. Conformément aux attentes, un plan, volumineux document de 65 pages, a bien été adopté la nuit dernière, mais il s'agit d'un document assez général. Dès hier, les associations écologistes ont d'ailleurs manifesté leur "immense déception" devant la faiblesse des engagements chiffrés pris par les pays pour réduire la pauvreté et protéger la planète. Commentant les résultats de Johannesburg, Philippe Roch, chef de la délégation suisse, a estimé qu'il ne s'agissait pas d'un sommet historique comme l'avait été Rio, avec la première prise de conscience mondiale du problème de l'environnement, ajoutant: "on a sauvé les meubles." Dans le plan, la communauté internationale s'engage à réduire de moitié d'ici 2015 la proportion d'êtres humains sans eau potable ni assainissement adéquat. Elle s'engage seulement à "accroître substantiellement" la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique mondiale, sans se fixer d'objectif en pourcentage ni d'échéance, contrairement à ce que souhaitaient les Européens. Enfin, après un dernier bras de fer, les Canadiens, soutenus par l'Union européenne, la Suisse, la Nouvelle-Zélande et l'Australie notamment, ont obtenu de rétablir une référence aux droits de l'homme dans un texte qui subordonnait l'accès aux services de santé à des considérations "nationales, culturelles et religieuses". Sur les sujets au coeur du sommet - développement et environnement -, les négociations les plus difficiles ont porté sur l'aide financière des gouvernements du Nord aux pays du Sud et le démantèlement des subventions agricoles européennes et américaines qui, selon les pays pauvres, empêchent leurs produits d'accéder aux marchés des pays industriels. Le sommet a été dominé par le refus des Etats-Unis de prendre de nouveaux engagements dans un cadre international. La première puissance économique mondiale est hostile à toute mesure contraignante, auxquelles elle préfère la notion de partenariat. latribune.f

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