Les Etats-Unis peinent à accélérer

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Euphoriques à la fin des années 90, affichant une croissance de 4,1% en 2000, les Etats-Unis devraient renouer avec des rythmes plus lents mais aussi plus conformes à leur potentiel (estimé généralement par les économistes entre 2,5 et 3%). Selon les dernières prévisions publiées par l'OCDE, la première économie mondiale devrait afficher une croissance de son produit intérieur brut de 2,4% cette année et de 2,7% en 2003. Dans ses précédentes estimations, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques était plus optimiste, notamment pour l'exercice à venir puisqu'elle tablait sur une croissance de 2,5% en 2002 et de 3,5% l'an prochain. Dans un rapport consacré uniquement aux Etats-Unis, les experts du Château de la Muette à Paris, siège de l'OCDE, saluent malgré tout la bonne tenue de l'activité économique américaine, en particulier après les attentats du 11 septembre 2001. La politique monétaire - à 1,75%, les taux d'intérêt aux Etats-Unis sont à un plus bas de 40 ans - et la politique budgétaire expansionniste du gouvernement Bush ont contribué à cette résistance. Néanmoins, l'OCDE pointe quelques éléments de fragilité. La chute des marchés boursiers - le S&P 500 recule de plus de 25% depuis le 1er janvier - pèse sur le moral des entreprises et des consommateurs, ces derniers devant également faire face à un marché de l'emploi qui tarde à retrouver son allant. L'organisation s'inquiète également du faible dynamisme des entreprises américaines. A cet égard, la publication par la Fed de chiffres concernant l'industrie est assez parlante. En septembre, la production industrielle a reculé de 0,1%, c'est le deuxième mois consécutif de baisse. Ces statistiques, si elles témoignent des difficultés d'un secteur qui représente 17% du PIB des Etats-Unis, montrent aussi une certaine résistance, puisque sur un an la production industrielle progresse tout de même de 1,5%, écartant le spectre d'une récession industrielle. Dans ce contexte assez morose, les préoccupations de l'OCDE portent sur le calendrier de la reprise des investissements des entreprises qui "reste incertain" en dépit de quelques signes de rebond des dépenses d'équipement, note l'organisation. La faible utilisation des capacités de production, tombée à 75,9% en septembre, les incertitudes sur la demande future, les interrogations quant au contexte géopolitique (intervention militaire en Irak, attentats...), les réticences croissantes des banques à prêter aux entreprises sont autant de facteurs qui freinent la reprise de l'investissement.

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