Face à la reprise de l'économie, la BCE choisit la stabilité des taux

La Banque centrale européenne (BCE) a indiqué sans surprise aujourd'hui qu'elle laissait ses taux d'intérêts inchangés. Son principal taux de refinancement bancaire est ainsi maintenu à 3,25%. Cette décision était attendue en raison de la multiplication des signes de reprise aux Etats-Unis et en Europe et de la reprise de l'inflation dans l'UE en janvier.Aux Etats-Unis, le scénario d'une reprise de l'économie se confirme en effet. Après la croissance de 1,4% du PIB américain au quatrième trimestre 2001, les indicateurs positifs se sont multipliés. Ainsi, mercredi, les commandes à l'industrie en janvier ont progressé de 1,6%, dépassant encore une fois les attentes des économistes. Au point que le secrétaire d'Etat au Trésor, Paul O'Neil, a pu affirmer que les Etats-Unis n'avaient jamais été en récession.Cet espoir de reprise américaine a redonné le moral aux Européens, qui voient également leur horizon économique s'éclaircir. Lundi, par exemple, l'indice d'activité des services de la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis août 2000 (lire ci-contre). L'emploi montre également des signes de raffermissement puisque la baisse de 0,1% du nombre de demandeurs d'emploi en France en janvier s'est accompagnée d'une stabilisation du chômage en Allemagne en février. Ces signaux semblent avoir redonné confiance aux acteurs économiques européens. Ainsi, le ministre de l'Economie espagnol, Renato Rato, dont le pays préside actuellement l'UE, a affirmé que "les bases d'une véritable reprise pour 2002 et 2003 étaient bien présentes".Reste à savoir ce que signifie ce statu quo de la BCE. De plus en plus, le scénario d'une croissance moins forte en Europe qu'aux Etats-Unis semble se profiler. Le mauvais indice de la production industrielle allemande de janvier (-2,1% alors qu'on attendait une baisse de 1%), publié mercredi, confirme en effet que, malgré les espoirs, la reprise européenne n'est pas encore là et risque bien de se faire attendre. La BCE se réserve-t-elle le droit de baisser à nouveau ses taux si la reprise européenne tarde à venir ? Ce scénario semble désormais improbable. En effet, lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce du maintien des taux directeurs, le président de la BCE, Wim Duisenberg, a confirmé la perspective d'une stabilité des taux à moyen terme. Il s'est ainsi d'abord déclaré confiant concernant le retour de la croissance dans la zone euro, prévoyant même un rythme annuel "proche de 2,5 %" à la fin de l'année. Cette croissance devrait être, si l'on en croit le président de la BCE, exempte d'une reprise de l'inflation. Wim Duisenberg s'est, en effet, montré une nouvelle fois confiant quant à l'objectif d'une hausse des prix limitée à moins de 2% pour 2002 dans la zone euro. L'augmentation de l'inflation en janvier (+2,7% en rythme annuel) était "attendue" et les prix devraient désormais décliner, comme en février (+2,5% en rythme annuel). En conséquence, il semble que la politique de la BCE est désormais celle de la stabilité des taux. Interrogé sur ce sujet, Wim Duisenberg a répondu que les taux européens étaient à un "niveau approprié" pour le moment. Interrogé par ailleurs sur l'établissement de droits de douanes sur l'acier par les Etats-Unis, Wim Duisenberg a qualifié cette décision de "déplorable" et a affirmé soutenir la plainte européenne auprès de l'OMC. Il a indiqué qu'il pensait que ces mesures avaient un rapport avec le niveau actuel du dollar.latribune.f

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