Cap sur une Europe élargie

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Bruxelles vient de donner son visa officiel à l'élargissement le plus important jamais vu de la construction européenne. La Commission recommande l'intégration à l'Union européenne de dix pays : Chypre, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie. Bruxelles juge que ces dix postulants, malgré certaines carences notamment dans la lutte contre la corruption, ont réalisé les efforts exigés en matière économique et politique. Il revient désormais aux chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze, qui se retrouveront en sommet en octobre à Bruxelles puis en décembre à Copenhague, d'entériner au niveau politique la recommandation de la Commission. Selon Bruxelles, le calendrier idéal serait que les négociations d'adhésion avec les dix soient conclues à la fin de cette année, avec comme objectif de signer les traités d'adhésion au printemps 2003. Les nouveaux adhérents pourraient ainsi participer comme membres à part entière aux élections du Parlement européen de juin 2004. Mais ce processus pourrait connaître des accrocs et être retardé. Ce sera notamment le cas si les Irlandais refusent lors de leur référendum du 19 octobre de ratifier le traité de Nice. Ce texte organise le fonctionnement de l'Europe élargie. On peut remarquer que ni la Roumanie, ni la Bulgarie, qui ont entamé des négociations en 2000, n'ont été retenues pour cette vague d'élargissement. Ces deux pays pâtissent de leur retard économique trop important. Bruxelles a d'ailleurs refusé d'entériner 2007 comme "date indicative d'adhésion" pour ces deux nations. Quant à la Turquie, Bruxelles s'est abstenu de mentionner une date pour l'ouverture de négociations d'adhésion avec Ankara. La Turquie, dont la Commission salue les "progrès considérables", notamment avec l'abolition de la peine de mort et l'octroi de droits culturels à la minorité kurde, "ne satisfait pas complétement aux critères politiques", selon Bruxelles. L'arrivée des dix pays pressentis fera passer l'Union européenne de 380 à 455 millions d'habitants. Elle deviendra ainsi le troisième plus vaste ensemble de population au monde derrière la Chine et l'Inde. La richesse totale de ces dix pays ne représente, avec un produit intérieur brut (PIB) cumulé de 404,1 milliards d'euros, que 4,6% de la richesse de l'UE actuelle.

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