L'Italie confrontée à une faible croissance

On croyait la zone euro surtout malade de l'Allemagne, mais l'Italie, troisième économie de la zone, n'affiche pas non plus une santé de fer. Premier pays de l'Euroland à estimer sa croissance du deuxième trimestre, la Péninsule affiche une progression limitée de 0,2% du PIB sur la période. En glissement annuel, la croissance est tout aussi modeste : +0,2%. Les économistes prévoyaient un chiffre proche de 0,3% sur trois mois et sur un an, selon Reuters. Il s'agit donc d'une réelle déception. Et celle-ci est d'autant plus sensible que le chiffre du premier trimestre a été revu à la baisse. Précédemment estimée à 0,2%, la croissance italienne n'aurait en fait été que de 0,1% sur trois mois. Après trois trimestres de stagnation, la très modeste hausse du deuxième trimestre ne permet donc pas non plus de parler de véritable reprise, encore moins d'accélération de la croissance. Il faut dire que le chiffre de la production industrielle de juin, publié également ce matin, ne laissait pas présager d'un bon chiffre pour la croissance. Avec un recul de 5,4% sur un an, l'activité industrielle de juin a en effet été fort médiocre, notamment en raison de la chute brutale de la production de biens d'équipement (-11,1% sur un an) et de celle de biens de consommation (-5,9% sur un an). Les grandes composantes de la demande finale intérieure sont donc au point mort de l'autre côté des Alpes, dans un scénario assez similaire à celui de l'Allemagne. La consommation montre des signes de faiblesse, notamment en raison de la faiblesse de la progression des salaires réels sur le trimestre (+0,1%). L'exemple le plus frappant de cette atonie des dépenses des ménages transalpins est le marché automobile. Longtemps un des plus dynamique d'Europe, il se rétracte brusquement depuis un an. Sur le deuxième trimestre, les ventes d'automobiles sont ainsi en baisse de 1,5%. Il est vrai que le gouvernement Berlusconi n'a pas su trouver les bons outils pour faire repartir durablement la consommation des ménages. Du côté des entreprises, on en est encore à la réduction des dépenses. Les projets de licenciements massifs se multiplient, par exemple chez Fiat, et, refroidis par la situation américaine, les chefs d'entreprise n'envisagent pas de réinvestir dans l'immédiat, bien au contraire. C'est sans doute de ce côté que vient la principale déception du dernier chiffre de la croissance. Quelques économistes estimaient que les entreprises italiennes allaient reconstituer leurs stocks et reprendre les investissements. Il semble que ce ne soit pas le cas, preuve qu'il serait osé de parler de reprise de l'autre côté des Alpes. Le seul pôle de croissance est donc, comme en Allemagne, la commerce extérieur. Bénéficiant de la vigueur de la demande américaine à l'étranger, les exportations ont sans doute été fortes, mais, l'impact de la hausse de l'euro a également réduit cet impact. Selon Aurelio Macario, économiste chez UBM, interrogé par Reuters, le haut niveau de l'euro est "désormais un problème majeur pour la croissance". La croissance italienne peut-elle s'accélérer dans la seconde partie de l'année ? Rien n'est moins sûr. Aurelio Macario prévoit une hausse annuelle du PIB de 0,7% en 2002. Mais, dans la situation actuelle, bon nombre de dangers guettent la Péninsule. Trop dépendante de ses exportations, elle devra faire face à un recul de la demande américaine, alors que les perspectives actuelles ont miné le moral des acteurs intérieurs de l'économie. L'Italie n'est donc peut-être pas encore sortie du marasme. La France, qui affiche sans doute encore une croissance supérieure à celle de ses deux grands voisins, pourra-t-elle longtemps résister dans une zone euro sans dynamisme ?

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