Bonne résistance de l'activité industrielle dans la zone euro

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L'industrie européenne avait montré, vers le début du deuxième trimestre, de nets signes d'accélération, notamment sous l'impulsion des exportations vers les Etats-Unis. Aujourd'hui, alors que le risque d'un affaiblissement de la croissance outre-Atlantique semble se préciser, l'industrie européenne résiste bien.Ainsi, l'indice d'activité des directeurs d'achats de la zone euro (indice PMI) réalisé par Reuters montre une très légère dégradation en juillet de 0,2 point à 51,6. Au-delà de 50, on considère que l'activité continue de s'accroître. C'est donc le quatrième mois consécutif d'expansion pour l'industrie européenne dont la résistance surprendra des observateurs qui, dans le consensus Reuters, s'attendaient à un indice en baisse de 0,5 point. Malgré la hausse de l'euro et la tourmente financière, les indices de production et de nouvelles commandes restent stables respectivement à 53,5 et 53,1. Cette stabilité prouve donc que la demande industrielle reste ferme, mais que la situation est désormais incertaine. Il n'est désormais plus question d'accélération de la croissance, mais simplement du maintien de l'activité à son niveau actuel.C'est notamment le cas dans les deux plus grandes économies de la zone, l'Allemagne et la France. Outre-Rhin, l'indice PMI reste très légèrement au-dessus de la barre des 50, franchie en juin, à 50,1 (-0,1 point). L'industrie allemande est donc entrée dans une phase de stabilisation qui est plutôt rassurante après un an et demi de récession. Mais, là encore, l'industrie allemande a bénéficié de la demande extérieure. Selon Reuters, cette demande a été la plus forte en juillet depuis décembre 2000, notamment grâce à la reprise des ventes d'automobiles aux Etats-Unis. Une dépendance qui continue de trahir une certaine fragilité de l'industrie allemande alors que la demande intérieure continue d'être beaucoup trop faible.En France, la situation est différente, mais l'indice PMI, qui avait fortement progressé en juin, s'est également stabilisé en juillet à 53,8 contre 53,9. L'industrie française continue de bénéficier de la dynamique des exportations, malgré la hausse de l'euro, et du maintien de la consommation des ménages à un niveau élevé. Ainsi, les sous-indices des nouvelles commandes et de la production sont en hausse. Mais, là encore, ce bon résultat, qui fait de l'industrie hexagonale une des plus performantes de la zone euro, est fragile. Comme l'ont montré les deux enquêtes Insee publiées cette semaine, les industriels redoutent un recul de la demande, tant interne qu'externe, au cours du troisième trimestre. Dans les autres états, la situation est particulièrement contrastée. Certains pays continuent d'accuser un ralentissement industriel en raison de l'affaiblissement de leur demande intérieure (Espagne, Irlande et Pays-Bas), tandis que d'autres bénéficient encore de la manne exportatrice vers les pays émergents de l'Est ou vers les Etats-Unis (Autriche et Italie).Il est délicat de tirer une conclusion de cette enquête PMI industrielle de juillet en Europe. On peut cependant avancer que l'industrie européenne semble à la croisée des chemins. Sa dépendance vis-à-vis d'une reprise américaine de plus en plus fragile explique à la fois la stabilisation de son activité et la crainte affichée dans tous les pays par les dirigeants. Plus que jamais, l'avenir industriel européen se joue outre-Atlantique.

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