L'envolée des prix du pétrole se poursuit

La fièvre qui s'est emparée des cours du pétrole ne retombe pas. Le prix du baril de Brent à Londres flirte chaque jour un peu plus avec les 30 dollars. En début d'après-midi, il a atteint les 29,60 dollars, avant de se replier à 29,25 dollars en début de soirée. Ces niveaux de prix élevés sont bien évidemment un problème pour les pays consommateurs. Déjà en difficultés du fait d'une croissance molle, ils voient avec inquiétude les prix des produits énergétiques s'envoler et amputer d'autant le pouvoir d'achat de leurs consommateurs. C'est la question irakienne qui, toujours, alimente les spéculations autour des cours de l'or noir. Ce matin, la diffusion par le gouvernement britannique d'un rapport selon lequel le régime de Bagdad poursuit ses efforts pour acquérir l'arme atomique a relancé l'hypothèse d'une intervention militaire contre l'Irak. Le Premier ministre britannique a ainsi affirmé que selon ce document, l'Irak pourrait fabriquer l'arme atomique dans un ou deux ans. Ces affirmations ont été aussitôt qualifiées d'"infondées" par Bagdad. "Je suis tout à fait convaincu que Saddam Hussein fera le maximum, et à vrai dire c'est déjà le cas, pour cacher ces armes et éviter d'avoir à y renoncer", a poursuivi Tony Blair. Ces accusations font craindre une offensive militaire américaine contre l'Irak, ce qui ferait au moins temporairement flamber les prix du pétrole, et ce d'autant qu'hier le président américain a réaffirmé sa volonté d'obtenir une "résolution forte de l'ONU" sur l'Irak. "Il n'est pas question de négocier avec Saddam Hussein pour savoir ce qu'il faut faire ou ne pas faire", a déclaré George W. Bush.  "Si l'ONU n'agit pas, les Etats-Unis et leurs alliés le feront", a-t-il ajouté. Ce ton belliqueux n'est cepandant pas partagé par tous les alliés des Etats-Unis. Le président français Jacques Chirac a ainsi de son côté mis une nouvelle fois en garde Washington contre une action militaire unilatérale en Irak. Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, vainqueur des élections législatives dimanche, a martelé durant sa campagne le refus de l'Allemagne de participer à une offensive militaire. Faisant fi de ces oppositions, Condoleezza Rice, conseillère du président américain pour la sécurité nationale, a affirmé dans un entretien au quotidien britannique Financial Times que son pays mobiliserait "les forces suffisantes pour gagner" une guerre contre l'Irak et "se consacrera entièrement" ensuite à la reconstruction du pays. Dans ce contexte, les experts multiplient les scénarios quant à l'évolution des prix du pétrole. Pour les économistes de la société Petroleum Economics Ltd, les cours du brut pourraient grimper juqu'à 60 dollars le baril si une intervention militaire contre le régime de Saddam Hussein débouchait sur un élargissement du conflit à l'ensemble du Proche-Orient. Parmi les hypothèses envisagées figure une attaque de l'Irak contre Israël au moyen d'armes biologiques. A l'inverse, en cas de victoire américaine rapide et si les manifestations anti-américaines en Arabie Saoudite restent sous contrôle, le prix du pétrole pourrait retomber très vite après une poussée initiale, comme cela avait été le cas en 1991, estime Herman Franssen, directeur de Petroleum Economics Ltd.

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