Le déficit commercial américain s'est creusé de 15% en janvier

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Alors que tous les yeux sont fixés vers la Fed, qui doit ce soir annoncer une nouvelle orientation de sa politique monétaire, les chiffres du commerce extérieur pour janvier 2002 semblent confirmer le rebond de l'économie outre-Atlantique.Le déficit commercial américain s'est en effet accentué de 15% au mois de janvier en passant de 24,71 milliards de dollars (chiffre révisé) en décembre 2001 à 28,52 milliards de dollars. Encore une fois, et comme d'habitude depuis deux semaines, les prévisions des économistes étaient en-deçà de la réalité. Le consensus Reuters se situait à 27,27 milliards de dollars de déficit, celui de Bloomberg à 27,1 milliards de dollars.Ce chiffre s'explique d'abord par une nette augmentation des importations de biens et services hors énergie, qui passent de 102,76 milliards de dollars à 106,49 milliards de dollars. Les importations de produits énergétiques sont elles aussi en forte progression, passant de 356 à 371 milliards de dollars. A l'inverse, les exportations ont reculé de 78,04 milliards de dollars à 77,87 milliards de dollars. Toutes les zones ont vu leur excédent commercial avec les Etats-Unis se creuser en janvier, à l'exception notable du Japon.Certes, ce déficit reste encore nettement inférieur à celui de janvier 2001, où il était de 33,49 milliards de dollars, mais il montre incontestablement un redémarrage de la machine économique.La demande américaine se redresse en effet depuis la fin de l'année dernière. Pour la première fois depuis un an, les sociétés américaines ont commencé à reconstituer des stocks en janvier (+0,2%). Il a donc fallu avoir recours aux importations pour satisfaire ces besoins, notamment dans le domaine des biens de consommation. A l'inverse, la faiblesse de la croissance en Europe et surtout en Asie n'a pas favorisé les exportations américaines.En résumé, ce chiffre prouve une nouvelle fois que la reprise de l'économie est plus prononcée aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Et il est évident que pour repartir, la machine économique américaine aura besoin d'importer. Or, cette relative dépendance de l'extérieur comporte deux dangers. Le premier réside dans le prix du pétrole, qui est aujourd'hui à 24,5 dollars le baril (Brent) et qui pourrait encore monter en raison de la politique de restriction de l'Opep dans une période où la demande progressera encore. Le second danger est lié aux mesures protectionnistes prises par le gouvernement américain sur l'acier. Si l'affaire dégénérait en une véritable guerre commerciale entre les Etats-Unis et le reste du monde, les importations se renchériraient. Dans les deux cas, le risque pour l'inflation n'est pas négligeable et sera certainement pris en compte par les membres du comité de la Fed qui se réunissent aujourd'hui à Washington.On s'attend d'ailleurs à ce que la Réserve fédérale change sa position et considère que les risques de reprise de l'inflation et de faiblesse de l'activité économique sont désormais à placer sur le même plan. Une telle annonce constituerait un premier pas vers un relèvement des taux à moyen terme, destiné à enrayer une remontée des prix. Un mouvement attendu, mais qui inquiète les marchés actions. latribune.f

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