Bruxelles pousse la Deutsche Post dans le rouge

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La Commission européenne plombe les résultats de la Deutsche Post. En juin, Bruxelles a demandé au groupe le remboursement de 570 millions d'euros d'aides publiques à l'Etat fédéral allemand. La Commission a en effet estimé que la poste allemande avait utilisé ces aides pour renflouer ses activités concurrentielles de transports express de colis gérées par sa filiale DHL. Outre cette décision, pour laquelle la Deutsche Post à fait appel, l'autorité allemande régulatrice du marché a ordonné également le 10 juillet la baisse progressive d'ici à 2007 du prix du timbre sur les services non encore ouverts à la concurrence, afin de permettre la mis en place d'un véritable marché concurrentiel.Accablée par ces deux décisions, le groupe de Bonn a donc dû prendre plus de 850 millions d'euros de provisions en juin, ce qui a lourdement pénalisé ses résultats du deuxième trimestre. Ainsi, d'avril à juin, la Deutsche Post accuse des pertes de 257 millions d'euros, contre un profit de 505 millions d'euros sur la même période voici un an. Ces provisions ont été prises dans un contexte où, selon le communiqué du groupe, "les difficultés macro-économiques se sont poursuivies". Le chiffre d'affaires a progressé de 16% sur l'ensemble du premier semestre, mais cette hausse est due uniquement à la consolidation de DHL, acquis fin 2001. Mais le bénéfice opérationnel du groupe a reculé de 8,11% au deuxième trimestre sur un an à 487 millions d'euros, en raison du recul du bénéfice d'exploitation de son activité courrier. Dès lors, les perspectives de la Deutsche Post sur l'année ne sont pas bonnes. L'Ebitda devrait reculer de 10% tandis que les ventes ne devraient pas atteindre les 41 milliards d'euros escomptés. Dans son communiqué, la poste germanique prévient donc qu'elle va prendre toutes les mesures nécessaires pour retrouver la rentabilité, malgré les décisions de la Commission et de l'autorité allemande de régulation. Les suppressions d'emplois devraient donc être massives, non seulement dans le secteur de la distribution traditionnelle du courrier, mais aussi chez DHL dont les performances sont encore médiocres et qui, a, selon les dires d'un analyste de la Bayerische Landesbank interrogé par Bloomberg, "besoin d'être encore restructuré".En attendant, les marchés continuent de sanctionner le titre qui, avec une baisse de 2,24% à 10,46 euros en fin de séance, a perdu près de 31% depuis le 1er janvier.

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