La croissance de l'industrie américaine se confirme

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Nouvelle surprise pour les statistiques américaines. Au milieu du pessimisme ambiant, l'indice d'activité des directeurs d'achats américains dans l'industrie, l'indice ISM manufacturier, progresse de 0,5 point à 56,2, prenant à revers l'ensemble des économistes qui, selon le consensus Reuters, s'attendaient à une baisse de l'indice de 0,2 point.Il s'agit du cinquième mois de progression consécutive pour l'indice ISM manufacturier. Cette hausse l'amène d'ailleurs à son plus haut de l'année. Selon Norbert J. Ore, de l'ISM, si l'industrie américaine progresse à ce même rythme sur l'ensemble de l'année la "progression du PIB pourrait atteindre 4,2% sur l'année". Il est vrai que l'indice montre une industrie américaine ayant une activité de plus en plus soutenue, ce qui est une nouveauté outre-Atlantique puisque durant toute l'année 2001, l'ISM manufacturier s'était situé sous les 50, ce qui dénotait une contraction de l'activité. Malgré les doutes de la consommation, malgré la déprime boursière et les profit-warnings de certaines sociétés, l'industrie américaine se porte de mieux en mieux.Comment expliquer ce nouveau regain d'activité après une chute en avril qui n'a été comblée que le mois dernier ? D'abord, on notera le rythme élevé de la production. Le sous-indice de production atteint 61,4 en juin contre 58,5 en mai. Il s'agit de son plus haut niveau depuis trois ans. Certes, on remarque que la proportion de directeurs d'achats constatant une amélioration de la production baisse (34% contre 35% en mai), mais ceux qui constate une détérioration sont de moins en moins nombreux (10% contre 12% en mai). Il s'agit donc surtout d'une stabilisation de la production plus que d'une augmentation, montrant que la reprise prend, dans l'industrie, un rythme de croisière. La production est soutenue par la poursuite du restockage et par la demande extérieure. L'indice des commandes à l'exportation a ainsi progressé de 1,2 point en juin à 54,5. 19% des directeurs d'achats qui ont répondu ont déclaré que les commandes à l'exportation progressaient (contre 15% en mai). Seulement 7% ont constaté une baisse de ces commandes. Mais si l'étranger stimule les Etats-Unis, l'inverse est évidemment vrai. L'indice des importations progresse de 1,5 point en juin à 55,1. Une bonne nouvelle pour l'industrie européenne et notamment allemande très dépendante de la demande américaine. En revanche, certaines faiblesses de l'industrie américaine se font jour. En juin, le rythme de croissance des nouvelles commandes s'est réduit, même s'il reste élevé (63,1 contre 60,8 en mai). Ce ralentissement traduit une certaine baisse de la demande finale américaine qui a pu être constatée par ailleurs.L'industrie américaine peut donc envisager l'avenir avec sérénité. La reprise semble bien entamée et les risques demeurent limités. La hausse de l'ISM manufacturier montre que si la baisse de la demande liée à celle de la consommation se confirme, elle pourrait être compensée par la demande des entreprises. La croissance persisterait alors aux Etats-Unis. Et l'Europe par ricochet pourrait en bénéficier, ce qui donnerait un coup de fouet à une industrie du Vieux continent encore hésitante (lire ci-contre).

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