Faibles signes de reprise en Allemagne

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Un certain nombre d'indices ont montré aujourd'hui que l'économie allemande reprenait doucement le chemin de la croissance. Mais cette timide reprise reste bien fragile. Ainsi, l'indice d'avril de l'Institut pour la recherche économique européenne (ZEW) de Mannheim a accusé un recul de 0,6 point en avril à 70,6. Cet indice mesure la confiance et les attentes des industriels et des analystes allemands. Les économistes attendaient une nouvelle progression à 75,5 de l'indice ZEW qui, en mars, avait atteint son plus haut depuis juillet 2000 en progressant de plus de vingt points. "L'indice se stabilise à un niveau élevé", indique dans son communiqué le ZEW. La plupart des entreprises s'attendent encore à une amélioration de la situation en Allemagne, mais certains dangers continuent de menacer cette fragile reprise. Les décideurs sont ainsi particulièrement soucieux de la hausse du prix du pétrole et des négociations salariales. IG-Metall organise actuellement des débrayages pour obtenir des augmentations de salaires de 6,5%. Selon l'économiste de Commerzbank Christoph Hausen, interrogé par Bloomberg, "une hausse de 3,5% des salaires pourrait mettre en cause la croissance". A cette inquiétude, la Bundesbank, dans son rapport annuel paru mardi matin, ajoute le risque d'un déficit budgétaire proche de 3% du PIB. Même si la Buba se veut confiante quant au retour du déficit budgétaire allemand à 2,5%, elle n'hésite pas à rappeler le gouvernement à ses engagements.Dans ces conditions, la Bundesbank prévoit une croissance "très modeste", ce qui est en accord avec les prévisions publiées hier qui prévoyaient un taux de croissance inférieur à 1%. Le gouvernement prévoit, lui, toujours un taux de croissance de 0,75%.Les chiffres de la production industrielle de février, également publiés aujourd'hui, confirment cette tendance à la "croissance molle". La hausse de 0,9% sur un mois est plus forte que le consensus des économistes interrogés par Reuters qui se situait à 0,5%. Néanmoins, cette hausse n'est due qu'au climat particulièrement clément de février, qui a favorisé les dépenses de construction. La production du secteur du bâtiment a ainsi progressé de 12,6% en février. De fait, si on exclut ce secteur et l'énergie, la production a baissé de 0,4%. La baisse des biens d'équipements a atteint 3,5% sur un an.La production allemande reste donc faible, répondant ainsi à une demande plutôt atone. La croissance de la première moitié de l'année sera donc peu vigoureuse. Quant au rebond estival si attendu, il ne pourra avoir lieu que si la croissance américaine se confirme et tire les exportations allemandes vers le haut. Le salut de l'économie outre-Rhin se situe donc de plus en plus outre-Atlantique.

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